La migration joue un rôle important à l'heure actuelle dans la croissance démographique au Canada, car la contribution du taux de natalité à cette croissance a diminué ces dernières années (Statistique Canada, 2017e).
Selon les prévisions de croissance, l'accroissement migratoire pourrait représenter plus de 80 % de la croissance démographique canadienne d'ici 2031.
(Statistique Canada, 2017e)La pandémie de COVID-19 a eu un effet négatif sur l'arrivée d'immigrants au Canada en raison des restrictions de voyage. La capacité de traitement des demandes d'immigration a été réduite au cours des six premiers mois de la pandémie (Le Conference Board du Canada, 2021). La situation s'est améliorée par la suite et le nombre d'admissions a recommencé à augmenter après la levée des restrictions imposées en lien avec la COVID-19.
Deux groupes de réfugiés et d'immigrants ont été particulièrement touchés par la pandémie : les personnes retrouvant des membres de leur famille établis au Canada (regroupement familial) et celles gravement et personnellement affectées par une guerre civile, un conflit armé ou une violation massive des droits de la personne (réfugiés) (Ibid.).
La catégorie des réfugiés et celle du regroupement familial ont été les plus touchées, ayant affiché une réduction de 72 % et de 63 % respectivement. Au milieu de 2022, les niveaux d'immigration de ces catégories étaient presque revenus à ce qu'ils étaient avant la pandémie. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a commencé à accorder la priorité en matière de résidence permanente aux personnes déjà au Canada, car elles risquent moins d'être touchées par les perturbations occasionnées par la COVID-19 (Ibid.).
Le Canada est un État bilingue, multiculturel et multinational qui a protégé les groupes minorités linguistiques à travers des dispositions constitutionnelles et des mesures législatives depuis la création du pays. Ces groupes minoritaires — francophones hors Québec et les anglophones du Québec — bénéficient d'une protection formelle grâce à une approche fondée sur les droits. Par exemple, l'article 41 de la Loi sur les langues officielles de 1988 énonce explicitement l'obligation du Canada de promouvoir le développement des communautés francophones, notamment en « renforçant la vitalité de la communautés francophones et anglophones en situation minoritaire au Canada et en soutenant et en aidant leurs développement" (Garon et coll., 2022) [en Anglais].
L'immigration francophone est au cœur des priorités du gouvernement du Canada. Le pays a toujours agi en tant que précurseur dans ses initiatives pour accueillir le plus grand nombre possible de personnes immigrantes d'expression française, et ce, en instaurant des initiatives novatrices afin de favoriser la contribution des nouveaux arrivants au sein des communautés en situation minoritaire et ainsi maintenir le tissu social de notre pays (IRCC, 2023).
En 2022, le Canada a atteint pour la première fois la cible de 4,4 % d'immigrants francophones hors Québec fixée il y a près de 20 ans. D'après le gouvernement fédéral, 16 300 nouveaux immigrants d'expression française — soit ceux dont le français est la première langue officielle — se sont installés à l'extérieur de la province (Ibid.).
Le graphique ci-dessous démontre l'évolution du nombre et du pourcentage de résident permanents d'expression française admis au Canada, hors Québec.