previous next
5.2.3

Facteurs cliniques dont il faut tenir compte

Facteurs de service dont il faut tenir compte

Situations à risque

Les fournisseurs doivent être conscients des situations pouvant déclencher des souvenirs traumatisants. Voici des exemples de situations pouvant replonger un survivant de tortures dans la terreur (Reid et Strong, 1987) :

Il se peut que les fournisseurs ne se rendent pas compte que leur client a été torturé. De plus, ils peuvent avoir l'impression de ne rien pouvoir faire ou trop s'identifier avec le client, de sorte qu'ils ne cherchent pas à savoir si le client a vécu des traumatismes ou nient l'existence de la torture. Les fournisseurs doivent être conscients des effets de la torture et pouvoir prendre des mesures appropriées en suivant les principes de la prestation de soins sensibles aux traumatismes. De plus, ils doivent savoir que la torture est répandue et ne pas oublier que les problèmes de santé de leurs clients peuvent être causés par la torture et les traumatismes connexes.

Il peut être difficile d'identifier les clients ayant survécu à des tortures, car elles passent souvent inaperçues en milieu clinique (Crosby et coll., 2006). En effet, certaines formes de torture ne laissent pas de cicatrices ou de blessures pouvant être observées lors d'un examen médical. Les cliniciens peuvent amener leurs clients à parler de la torture dont ils ont fait l'objet en créant un milieu sûr, en établissant une relation de confiance avec eux et en faisant preuve d'empathie (Eisenman et coll., 2000; Madrid, 2021). De plus, ils peuvent structurer leurs interactions d'une façon qui atténuera le stress que pourraient éprouver les survivants et encourager ces derniers à parler ouvertement des tortures qu'ils ont subies.

  • Processus

  • (Weinstein et coll., 1996; Madrid, 2021; Conseil international de réhabilitation pour les victimes de torture, 2009)

    Comme nous le disions, il est difficile d'identifier les survivants de tortures. À cela s'ajoute le fait qu'un grand nombre d'entre eux refusent d'en parler parce qu'ils se sentent coupables, sont honteux, craignent qu'on ne les croie pas ou sont méfiants envers autrui (Eisenman et coll., 2000; Nations Unies, 2017). De plus, ils ne se rendent peut-être pas compte qu'en racontant leur histoire et les expériences difficiles qu'ils ont vécues, ils pourraient bénéficier de certains droits et de traitements. Enfin, les difficultés linguistiques et culturelles en lien avec les fournisseurs peuvent empêcher les survivants de tortures de parler ouvertement de leurs expériences (Nations Unies, 2017).

    La torture a pour but de détruire la personnalité, l'identité, la confiance en soi et la capacité de fonctionnement social des victimes. Toutefois, certains chercheurs estiment que les effets psychologiques de la torture devraient être considérés comme la réaction conditionnelle intense d'une personne ayant une constitution robuste lui permettant de survivre dans une situation à caractère pathologique marqué (Somnier et coll., 1992). Autrement dit, les symptômes psychologiques découlant de la torture sont des indicateurs de la force de la personne et de sa capacité de survivre à des expériences horribles. En effet, plusieurs symptômes du TSPT, comme l'émoussement, l'hypervigilance, l'isolement social, le chagrin et le sentiment de vide, peuvent être des moyens adéquats de composer avec des circonstances tout à fait anormales. Ces symptômes sont encore plus nocifs sur le plan psychologique, car ils se manifestent plus tard et s'intensifient sous l'effet de nouveaux stresseurs (Gorman, 2001).

    Question de récapitulation

    Vrai ou faux?

    Des recherches laissent croire qu'un grand nombre de fournisseurs ne s'aperçoivent pas qu'un patient a été victime de torture simplement parce que cette possibilité ne leur vient pas à l'esprit.

    Vrai