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Vidéo : Traumatisme et résilience

Avec le Dr Meb Rashid (directeur médical, Clinique Crossroads, Hôpital Women's College)

C'est intéressant : quand on examine les taux de TSPT dans les populations de réfugiés, vous constaterez que dans les publications les taux varient beaucoup, passant de chiffres très bas à des chiffres très élevés, ce qui nous indique qu'il y a probablement un problème avec la méthodologie employée. On peut certainement voir pourquoi quand on observe ces études de plus près. Certaines utilisent des questionnaires, d'autres se basent sur des entretiens, d'autres sont transversales, et d'autres suivent des individus sur une longue période. Je pense pour ma part que le message le plus important est que, bien que la grande majorité des personnes que nous voyons à notre clinique soit des réfugiés qui ont souffert des traumatismes considérables, ils ne sont pas tous anéantis par ces traumatismes. Nous voyons un certain nombre de personnes qui ont vécu des choses qui seraient atroces pour beaucoup d'entre nous mais je trouve que c'est très inspirant de voir combien de personnes arrivent ici avec un véritable désir de reconstruire leur vie. Ils ne souffrent pas de ces symptoms qui définissent certaines pathologies comme le trouble de stress post-traumatique ou la dépression. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas été affecté par leurs traumatismes. Leur manière de voir le monde, leur manière de voir une relation peuvent être affectées par ce qu'ils ont vécu, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'ils soient abattus par cela. Il y avait une étude très intéressante dans la revue médicale « Journal of the American Medical Association » qui est sortie à la fin des années 90, après ce qui c'était passé au Rwanda et bien qu'on puisse observer et analyser la méthodologie, je pense que ce qu'il y a de plus instructif est qu'ils avaient trouvé des taux de TSPT qui s'élevaient à 25% ce qui est incroyablement élevé dans une cohorte démographique mais compte tenu de ce que les personnes ont enduré dans un pays comme le Rwanda, où, vous savez, c'est vraiment, d'une certaine façon, un témoignage des pires choses que des êtres humains peuvent faire à d'autres êtres humains, 75% d'entre eux ne présentaient pas de TSPT. Je pense que c'est un message vraiment important pour ceux qui travaillent avec ces populations de reconnaître que, même si tout le monde a pu être affecté par un traumatisme, tout le monde n'en sera pas anéanti pour autant. Et la grande majorité des individus l'aura même assimilé et sera capable d'aller de l'avant.

Évaluation

Pour déterminer si un client souffre de TSPT, il ne faut pas oublier que la majorité des personnes ayant des symptômes de ce trouble s'en remettent sans intervention (National Institute of Mental Health, 2019). Cela dit, le tiers environ de ces personnes peuvent demeurer symptomatiques pendant plus de trois ans et risquent d'éprouver des problèmes secondaires (Rousseau et coll., 2011).

Les fournisseurs de soins primaires peuvent utiliser divers instruments de dépistage du TSPT. Toutefois, on ne sait pas si la plupart de ces instruments permettent de poser un diagnostic exact auprès des immigrants et des réfugiés (Wylie et coll., 2018).

Voici deux outils d'évaluation simples utilisés couramment :

  • l'outil de dépistage du trouble de stress post-traumatique pour les fournisseurs de soins primaires (PC-PTSD);
  • l'échelle de Breslau en sept points.
  • Parmi les autres outils pouvant aider à réaliser une évaluation, citons le questionnaire PCL-C-17 pour le TSPT.

Plusieurs facteurs peuvent avoir une incidence sur l'évaluation du TSPT chez les nouveaux arrivants :