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3.1.2

Violence fondée sur le genre

Les filles et les femmes doivent relever divers défis en raison de la position qu'elles occupent dans la société, de leurs rôles et de leur genre. De plus, la violence fondée sur le genre commise par des hommes est plus susceptible d'avoir une incidence sur leur santé et leur bien-être. Les conflits et les déplacements peuvent changer leur rôle ou leur position, accentuer l'inégalité de genre et accroître la violence à l'endroit des femmes, souvent appelée violence fondée sur le genre.

Les mères et les femmes célibataires ainsi que les filles sont particulièrement vulnérables à la violence fondée sur le genre. Un grand nombre de femmes et de filles ont de la difficulté tous les jours à trouver les ressources leur permettant de payer le loyer, d'acheter de la nourriture et des articles de base et d'accéder aux services. Elles peuvent donc se trouver dans une situation précaire où elles risquent de subir un acte de violence et une agression sexuelle. Ce genre de situation comprend le fait d'habiter dans un endroit dangereux avant la migration. Par exemple, des femmes se trouvant dans des camps de réfugiés doivent parcourir de grandes distances pour trouver de l'eau ou du bois de chauffage (United States Agency for International Development [USAID], 2015).

La violence fondée sur le genre affecte davantage les réfugiées que toute autre population de femmes dans le monde (Vu et coll., 2014). La violence fondée sur le genre dont les femmes et les filles sont victimes lors des conflits armés se manifeste de diverses façons, notamment le viol, l'esclavage sexuel, la fécondation forcée, la traite des personnes et la prostitution forcée. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, le viol systémique des femmes et des filles partout dans le monde est de plus en plus utilisé comme arme de guerre lors des campagnes de nettoyage ethnique (Majewski, 2020; Kivlahan et Ewigman, 2010).

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Impact de la COVID-19

Les confinements mondiaux imposés en raison de la pandémie de COVID-19 ont exposé et exacerbé la violence contre les femmes et les filles (entité des Nations Unies consacrée à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes [ONU Femmes], 2020).

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Les Principes directeurs du Haut-Commissariat des Nations Unies sur les réfugiés (UNHCR) sur la persécution liée au genre et les Directives du président de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) du Canada reconnaissent que la persécution peut être fondée sur le genre. Les revendicatrices du statut de réfugiée qui démontrent une crainte fondée de persécution liée au genre peuvent obtenir le statut de réfugiée au Canada.

click Pour plus de renseignements, consultez les Directives du président de la CISR.

Les problèmes de santé mentale et les maladies mentales peuvent avoir un effet profond sur le quotidien des personnes qui en souffrent. Dans bien des cas, ces personnes sont victimes de préjugés, d'isolement social et de discrimination.

Selon des recherches effectuées au Canada, environ la moitié des Canadiens estiment qu'un problème de santé mentale ou une maladie mentale est une excuse employée pour justifier un comportement inadéquat. Le tiers seulement des Canadiens ont déclaré qu'ils resteraient amis avec une personne ayant un problème de consommation d'alcool et le quart resteraient amis avec une personne ayant un problème d'usage de drogues (Association canadienne pour la santé mentale [ACSM], 2014).

Le présent module aborde trois types de violence fondée sur le genre :

Vidéo : Soutien social, genre et expériences vécues après la migration

Avec la Dre Michaela Hynie (psychologue sociale, Centre for Refugee Studies, Université York)

Nous savons que le soutien social, après avoir migré, est un facteur déterminant très important de santé mentale et de bien-être. Ceci est valable pour les réfugiés mais également pour chacun d'entre nous. Le soutien social est vraiment essential pour la santé et le bien-être. Des facteurs intéressants apparaissent autour du soutien social et du sexe. Nous savons cela grâce à la recherché qui a été conduite non seulement sur les réfugiés mais aussi de façon plus générale sur les nouveaux arrivants. Nous savons que les femmes ont tendance à être plus isolées socialement car elles ont souvent moins la possibilité de parler la langue du pays dans lequel elles ont migré. Nous savons aussi qu'elles peuvent être plus souventen charge des tâches ménagères, de s'occuper des enfants et d'autres personnes nécessitant de l'aide à la maison et de ce fait, elles ont peut-être moins de contacts à l'extérieur de la maison. Nous voyons ainsi un degré plus élevé d'isolation sociale chez les femmes que chez les hommes. Encore une fois, je généralise, ce n'est pas nécessairement le cas pour tout le monde. Un autre élément que nous avons découvert dans des études relatives au soutien social est que les femmes apportent un soutien social plus important que les hommes et donner plus qu'on ne reçoit peut avoir des conséquences négatives. Pour ces individus qui se retrouvent dans des situations extrêmement stressantes, qui ont des ressources limitées, certaines de ces relations de soutien social, qui sont normalement réciproques, peuvent devenir une charge très lourde pour ces femmes qui donnent plus de soutien qu'elles n'en reçoivent et qui n'ont pas nécessairement les ressources dont elles ont besoin.On doit donc bien réfléchir à comment soutenir les personnes qui donnent du soutien. Cela peut être une expérience basée sur le sexe.