Des liens familiaux solides sont un des plus importants déterminants du bien-être de l'enfant. Pour les jeunes enfants, des liens solides les unissant à leurs parents ou aux personnes qui prennent soin d'eux sont essentiels à leur bon développement. Les parents et les tuteurs jouent un rôle essentiel, car ils fournissent de solides assises qui favorisent l'épanouissement des enfants.
Une famille unie dont les membres se soutiennent les uns les autres est associée à une détresse émotionnelle moindre (Hilario, et coll., 2014), alors que l'absence de soutien et de liens solides au sein de la famille peut accroître le risque de problèmes de santé mentale comme les idées suicidaires (Smith et coll., 2011).
Le déplacement forcé des familles de réfugiés et le fait pour un jeune enfant d'être séparé des personnes qui prennent soin de lui peuvent être très stressants pour l'enfant. De plus, si l'enfant est séparé de son père, de sa mère ou de ses deux parents, il risque d'être privé de modèles de rôles importants. Les traumatismes vécus par les parents peuvent perturber l'attachement à leur enfant, ce qui peut miner la sécurité de son attachement, le rendre vulnérable, réduire sa capacité d'adaptation et lui causer une détresse mentale (Ee et coll., 2016).
Il se peut que les parents ayant des symptômes du TSPT s'investissent moins sur le plan affectif dans la vie de leurs enfants, qu'ils soient moins sensibles aux besoins de ces derniers, qu'ils répondent moins bien à ces besoins et qu'ils cherchent à éviter les contacts avec eux. Ces facteurs peuvent causer des problèmes comportementaux chez les enfants (Ee et coll., 2016).
La santé mentale des parents et des autres membres de la famille influence la santé mentale des enfants. Le stress éprouvé par les parents, comme le chômage, exerce une pression considérable sur les familles et fait en sorte que les parents sont moins en mesure de bien prendre soin de leurs enfants, ce qui affecte la santé mentale des enfants nouvellement arrivés au pays (Khanlou et Crawford, 2006). S'ils voient leurs parents dans un état de panique ou de désespoir, les enfants risquent d'avoir des problèmes de santé mentale (Crowley, 2009).
Comme les enfants ont tendance à essayer de s'adapter à leur nouvel environnement, ils peuvent apprendre le français ou l'anglais et s'acculturer plus rapidement que leurs parents. Ce rythme d'adaptation différent peut modifier les rôles au sein de la famille, ce qui peut se traduire par une perte d'autorité parentale et des conflits intergénérationnels. De plus, des différences culturelles entre les parents et les enfants peuvent apparaître et devenir une source de stress, ce qui peut avoir un effet négatif sur la santé mentale des enfants (Islam, 2015).
Les attitudes et les comportements différents à l'égard du maintien des valeurs et des croyances des parents par opposition à l'adoption des valeurs et des croyances du pays d'accueil peuvent créer des conflits entre les enfants immigrants et leurs parents et atténuer la résilience des enfants (Tardiff et Geva, 2006).
Cette situation touche particulièrement les enfants réfugiés, qui peuvent avoir été obligés d'abandonner leurs études pendant un conflit violent ou un déplacement forcé. De plus, les lacunes en matière de littératie et de numératie dans leur langue maternelle peuvent rendre plus difficile l'acquisition de ces connaissances après la migration.
Un soutien social solide est lié à une diminution du nombre de problèmes de santé mentale, tandis qu'un soutien social insuffisant est lié au TSPT, à la dépression et à d'autres problèmes de santé mentale et maladies mentales (Betancourt et Khan, 2008). En outre, le racisme et la discrimination accroissent les risques pour la santé mentale et le bien-être des enfants et des jeunes réfugiés.
La détérioration du sentiment d'appartenance à la communauté ethnoculturelle est un autre facteur de risque pour les enfants. Tel qu'indiqué dans la section sur l'adaptation et l'identité culturelle, il peut être bénéfique pour les enfants de développer une identité « équilibrée » au sein de plusieurs cultures. La formation de liens sociaux ou l'adoption des pratiques culturelles de leur communauté ethnique peut renforcer l'acculturation positive (Centre d'excellence de l'Ontario en santé mentale des enfants et des adolescents [CEOSMEA), 2015).
Des déménagements successifs après la migration peuvent être un facteur de risque qui déstabilise les enfants (CEOSMEA, 2015).
Parmi les facteurs de protection liés à la communauté, citons la participation des enfants à des activités communautaires, l'accès à des ressources sociales et communautaires, le bénévolat et la possibilité de jouer un rôle de chef de file au sein de la communauté (CEOSMEA, 2015).
Dans bien des cas, dans les premiers mois suivant leur arrivée au Canada, les familles de réfugiés s'efforcent de subvenir à leurs besoins immédiats et de planifier leur avenir plutôt que de composer avec les expériences qu'elles ont vécues.