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5.2.4

Interventions en santé mentale

Tel qu'indiqué dans le module 1, le soutien affectif et social peut protéger contre les problèmes de santé mentale et les maladies mentales. Pour les survivants de tortures, ce soutien est très important, car on a constaté que les facteurs de stress courants liés à la réinstallation comme les difficultés financières et l'isolement social peuvent exacerber les symptômes du TSPT et de la dépression (Gorst-Unsworth et Goldenberg, 1998). Des services appropriés et accessibles peuvent atténuer les effets psychologiques cumulatifs de la torture, du déplacement forcé et du stress lié à l'installation.

Les programmes de soutien efficaces :

Un large éventail d'interventions permettent d'atténuer les symptômes de maladies mentales chez les survivants de tortures. Toutefois, une grande partie des recherches effectuées dans ce domaine porte sur les symptômes du TSPT (McFarlane et Kaplan, 2012). La dépression et l'anxiété chez les survivants ont aussi été étudiées, mais dans une moindre mesure.

La thérapie d'exposition narrative (TEN) peut atténuer considérablement les symptômes du TSPT (Hensel-Dittmann et coll., 2010). De plus, il a été démontré que la thérapie cognitivo-comportementale axée sur les traumatismes est efficace pour traiter les symptômes du TSPT, de la dépression et de l'anxiété chez les survivants de tortures (Weiss et coll., 2016). Les traitements en groupe permettent aux survivants de tortures de nouer des liens et atténuent certaines des vulnérabilités auxquelles ils font face pour composer avec les symptômes post-traumatiques, minimiser l'isolement, se soutenir les uns les autres et retrouver un sentiment d'appartenance à la communauté (Bunn et coll., 2016).

Le processus d'installation peut être très traumatisant pour les survivants de tortures, car ces derniers doivent relever de nombreux défis (CCVT, s.d.). Après la migration, les survivants essaient de se remettre de leurs traumatismes et ont « l'impression essentiellement de se trouver dans un lieu d'exil où les systèmes, la langue, la culture et l'identité doivent tous être renégociés » (FASSTT, 2014). Comme c'est le cas pour tout client, il faut nouer un lien de confiance avec les survivants de tortures, mais cela peut prendre du temps, car ils peuvent se méfier des étrangers (CCVT, s.d. b)).