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5.3.3

Facteurs cliniques dont il faut tenir compte

Facteurs de service dont il faut tenir compte

Les personnes 2SLGBTQ+ peuvent attendre trop longtemps avant de demander des services, ou s'abstenir d'en demander, parce qu'elles ont été victimes de discrimination ou d'une homophobie perçue au sein du système de soins de santé. Comme il se peut que les immigrants et réfugiés 2SLGBTQ+ s'attendent à être rejetés, il peut être utile pour les fournisseurs de nouer avec leurs clients une relation fondée sur l'acceptation, l'habilitation et la compassion (Kahn et coll., 2017).

La connaissance de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre du client est essentielle pour lui fournir des services de counseling efficaces. Certaines préoccupations au sujet de la santé mentale peuvent être liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre, particulièrement les aspects liés aux préjugés, à l'isolement, au harcèlement et à la discrimination. Or, le statut de réfugié aggrave tous ces problèmes. Toutefois, un grand nombre de nouveaux arrivants 2SLGBTQ+ sont mal à l'aise à l'idée de révéler leur identité sexuelle ou de genre lorsqu'ils reçoivent des services. De plus, certains cliniciens sont mal à l'aise à l'idée de poser des questions qui aideraient leurs clients à révéler cette information (Logie et coll., 2016). Par conséquent, il arrive souvent que ces clients ne reçoivent pas des services adéquats, ce qui a des effets négatifs sur leur santé.

Il se peut que des clients 2SLGBTQ+ ne veuillent pas révéler leur orientation sexuelle à leur fournisseur de soins de santé parce qu'ils estiment que ce n'est pas important pour s'identifier au fournisseur. Cela ne veut pas dire qu'ils seront mal à l'aise en présence du fournisseur de soins de santé.

Les facteurs suivants peuvent aider le client à se sentir à l'aise :

Renforcer la relation entre le fournisseur et le patient

Il est important pour les fournisseurs de soins de santé de nouer une relation thérapeutique sûre et stable avec le patient. Pour ce faire, ils peuvent utiliser diverses stratégies, dont les suivantes :
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    demander aux nouveaux arrivants 2SLGBTQ+ comment ils se sentent à l'idée de suivre une thérapie ou de recevoir des services de counseling;

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    informer les patients de leurs droits en matière de confidentialité et de vie privée;

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    évaluer la capacité des patients de composer avec des émotions vives qu'ils pourraient éprouver pendant le traitement;

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    poser des questions sur l'orientation et l'identité sexuelles, et décrire les services offerts et les options qui s'offrent aux patients afin de tisser des liens avec eux.

(Alessi et Khan, 2017)

Dans l'exercice clinique, il peut être utile pour les professionnels de la santé mentale de se familiariser avec le pays d'origine du client avant de le rencontrer afin de prendre connaissance des conditions culturelles et sociales qui y prévalent et qui pourraient avoir une incidence sur le client (Burnett et Peel, 2001). Une approche sensible aux traumatismes pourrait aider à répondre aux besoins des clients en matière de sécurité tout en reconnaissant leurs sources de résilience (Elliott et coll., 2005).

Video : Créer un milieu sûr pour les immigrants et les réfugiés 2SLGBTQ+

Avec Karlene Williams-Clarke (chef des opérations, The 519)

Un espace sûr, cela veut dire un lieu où les personnes se sentent acceptées, où elles peuvent être elles-mêmes et obtenir des services, un lieu où elles ne sont pas identifiées par qui elles sont. Ceci est mon identité, ceci est mon orientation sexuelle. Je n’ai pas peur d’y aller et de dire : « Je suis lesbienne et j’ai besoin de ce type de service. » Je n’ai pas besoin de me cacher et de me comporter comme si j’étais hétérosexuelle alors que je suis lesbienne. C’est un espace où chacun se sent bien accueilli, peu importe qui nous sommes. Voilà ce que l’on considère être un espace sûr et positif. Cet espace doit aussi avoir des connaissances en matière de traumatisme car les personnes LGBTQ qui viennent ici en tant que réfugiés et nouveaux arrivants, ont beaucoup souffert dans leur pays d’origine. Il est donc important que l’espace qui leur offre un accès aux soins de santé soit informé des traumatismes et comprenne les complexités que vivent une personne LGBTQ s’identifiant comme réfugié et nouvel arrivant.