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7.2.3

Racisme et santé mentale

Réaction de stress et racisme : racisme et stress cumulatif

Le fait d’être confronté au racisme tout au long de la vie et d’être traité de façon injuste en raison de la race (p. ex., être craint, évité ou défavorisé) est un facteur de stress pouvant s’accompagner de traumatismes. Les pressions subtiles exercées peuvent susciter un désespoir et faire en sorte qu’il est difficile de s’adapter aux traumatismes et de s’en remettre. Le stress chronique et les traumatismes affectent la santé mentale et physique et leurs effets peuvent être ressentis par des personnes, des familles et des communautés de génération en génération (ASPC, 2020).

Certaines personnes estiment que les incidents mineurs ou les affronts quotidiens (p. ex., microagressions) et la perception de discrimination au sein de la société pourraient avoir un impact plus grand sur la santé d’une personne que les actes discriminatoires manifestes comme les attaques racistes (Laveist, 1996).

Impact du racisme sur la santé mentale

Le racisme recoupe d’autres formes de discrimination basées sur la culture, la langue, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, les capacités ou le statut socioéconomique. L’interaction entre ces facteurs a une incidence directe sur la vie et le bien-être des Autochtones, des immigrants, des réfugiés et des groupes ethnoculturels et racialisés.

Les expériences de discrimination, ainsi que la résistance et la résilience qu’elles suscitent, peuvent varier parmi les communautés racialisées. Les populations racialisées du Canada ne sont pas homogènes et divers types de discrimination se recoupent pour façonner les expériences vécues par des personnes et des groupes ayant des identités et des antécédents différents. Certaines personnes deviennent plus résilientes parce qu’elles sont autochtones, immigrantes, réfugiées ou font partie d’un groupe ethnoculturel ou racialisé. Pour d’autres personnes, la façon dont elles sont perçues au sein de la société en général – et le racisme et la discrimination dont elles font l’objet en retour – mine leur santé mentale (CSMC et CAMH, 2009).

De nombreuses études montrent que le racisme cause des maladies mentales, particulièrement la dépression, et s’accompagne de longues périodes d’adaptation, par exemple sous forme d’une peine persistante, ou crée des difficultés à s’adapter à des événements graves (CSMC et CAMH, 2009; Szaflarski et Bauldry, 2019). Dans bien des cas, le racisme cause des problèmes et des troubles de santé mentale (p. ex., dépression, anxiété, trouble de stress posttraumatique (TSPT) et psychose) qui persistent en vieillissant sous l’effet d’une exposition constante (Synergi Collaborative Centre, 2018).