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2.2.1

Troubles dépressifs

Il y a plusieurs formes de troubles dépressifs, y compris le trouble dépressif caractérisé et la dépression postpartum. Tous ces troubles sont caractérisés par la tristesse ou l’irritabilité, qui s’accompagne de changements somatiques et cognitifs nuisant considérablement à la capacité de fonctionnement de la personne. Les troubles dépressifs se distinguent les uns des autres par leur durée, le moment où ils surviennent et les facteurs connexes.

Les symptômes les plus courants des troubles dépressifs comprennent les suivants :

Lorsqu’on étudie les signes ou les symptômes de la dépression, il faut prêter attention aux idiomes culturels utilisés par le client, car ils peuvent révéler la présence de la maladie. Le tableau ci-dessous décrit des idiomes culturels courants associés à la dépression, qui ont été établis dans le DSM-5 de l’American Psychiatric Association (APA). Bien entendu, les clients d’un groupe ethnique donné n’utilisent pas tous les mêmes termes pour décrire la dépression. Ces renseignements sont fournis à titre d’exemple seulement.

  • Culture

    Plainte somatique

  • Personnes d’origine chinoise et asiatique :

    Faiblesse, épuisement, « déséquilibre »

  • Personnes d’origine latine et méditerranéenne :

    « Nerfs », maux de tête

  • Personnes d’origine moyen-orientale :

    Problèmes de « cœur »

(APA, 2000)

Certains groupes culturels rapportent des taux de symptômes somatiques plus élevés que d’autres, ce qui permet d’amorcer une réflexion sur la possibilité que les psychiatres formés en Amérique du Nord et en Europe reconnaissent moins souvent les symptômes de dépression traditionnels chez leurs clients moins susceptibles d’en faire état. Il ne faut pas oublier que les symptômes de la dépression peuvent varier considérablement. Certes, la personne peut être triste, mais il faut également envisager la possibilité qu’elle souffre de dépression si son niveau de fonctionnement change sans cause apparente.

Taux : Similitudes et différences

Les taux de dépression déclarée varient considérablement d’un pays et d’un groupe ethnoculturel à l’autre. Le taux de dépression dans le pays d’origine de l’immigrant n’est pas un moyen fiable de prédire s’il souffrira de dépression dans son pays d’accueil. Bien que les taux de dépression varient considérablement entre les groupes d’immigrants, ils sont généralement plus faibles que ceux de la population générale. Toutefois, au fil des années passées au Canada, ils ont tendance à rejoindre ceux de la population générale.

Les taux de dépression des réfugiés sont plus élevés que ceux de la population générale, mais il peut y avoir des exceptions pour certains groupes (Turrini et coll., 2017; Blackmore et coll., 2020).

Évaluation

Les méthodes traditionnelles de dépistage et de traitement de la dépression sont efficaces pour divers groupes ethnoculturels. Toutefois, le dépistage devrait être fait dans la langue que préfère le client (Kirmayer et coll., 2011b). Il ne faut pas oublier que les différences culturelles quant à la façon dont le client manifeste ses symptômes, aux mesures qu’il prend pour composer avec la dépression et aux préjugés associés à cette maladie peuvent rendre le dépistage plus difficile (Ibid., p. 7).

Le Questionnaire sur la santé du patient, utilisé couramment par les fournisseurs de soins primaires pour dépister la dépression, est particulièrement utile lorsqu’on travaille avec des immigrants et des réfugiés, car il est offert en plusieurs langues.

icon Voir un extrait du questionnaire [anglais].

Si le résultat du dépistage est positif, le médecin devrait effectuer une évaluation clinique.

La meilleure façon de dépister les troubles dépressifs chez les nouveaux arrivants est de procéder à une évaluation détaillée au cours de laquelle on recueille des renseignements sur des facteurs généraux comme la situation culturelle, sociale, familiale et communautaire du client. Les outils suivants pourraient être utiles :

Question de récapitulation

Vrai ou faux?

La culture influence la façon dont les clients décrivent leurs symptômes et expriment leur détresse. Certains diront carrément qu’ils sont déprimés tandis que d’autres évoqueront leur détresse en utilisant des métaphores corporelles comme la douleur.

Vrai