qu’elles ont provoqué le conflit conjugal et n’ont pas pris les mesures nécessaires pour l’atténuer (Godoy-Ruiz et coll., 2015; Hyman et coll., 2011);
qu’il leur incombe de rendre leur époux heureux et qu’elles ne doivent pas le provoquer (Ahmad et coll., 2009; Godoy-Ruiz et coll., 2015; Hyman et coll., 2011);
qu’elles sont la cause de l’échec de leur relation (Godoy-Ruiz et coll., 2015).
Ces mythes persistent tant chez les immigrants qu’au sein de la population générale.
Le manque de soutien social peut empêcher certaines femmes de demander de l’aide. Il se peut que, à leur arrivée au Canada, les immigrantes et les réfugiées aient un réseau social réduit. Leur séparation de leur famille élargie peut être difficile et faire en sorte que les femmes se sentent seules. Parfois, la famille de leur époux peut aggraver le conflit de sorte que les immigrantes et les réfugiées ont plus de difficulté à avoir une perspective équilibrée et à atténuer le conflit conjugal (Okeke-Ihejirika et coll., 2020; Hyman et coll., 2011).
Pour certaines femmes, les rôles « traditionnels » des hommes et des femmes, la nouvelle répartition du travail rémunéré et ménager et les attentes à cet égard sont source de conflit (Hyman et coll., 2011). De plus, les femmes qui ne respectent pas les normes sociales traditionnelles ou dont le comportement est jugé non approprié à leur genre peuvent être considérées comme de « mauvaises » femmes ou mères au sein de certains groupes (Godoy-Ruiz et coll., 2015; Hyman et coll., 2011). Ce manque de conformité peut accentuer la pression sociale exercée sur les femmes par leur famille, leurs amis et leur communauté.
Des réfugiées et des immigrantes maltraitées par leur partenaire intime poursuivent la relation de violence parce qu’elles craignent d’être renvoyées dans leur pays d’origine (Ahmad et coll., 2009; Njie-Carr et coll., 2020).
Une femme qui n’a pas le statut d’immigrante ou dont la demande d’asile est à l’étude peut craindre que la divulgation de l’acte de violence sexuelle dont elle a été victime attire l’attention sur son statut ou risque de nuire à sa demande de statut de réfugiée. De plus, des partenaires violents menacent leur conjointe de déportation. Or, certaines femmes ne connaissent pas leurs droits légaux et les services de soutien offerts au Canada ou sont mal à l’aise à l’idée de demander l’aide de la police, de travailleurs sociaux, de travailleurs de la santé ou d’agents d’établissement parce qu’elles ne font pas confiance aux autorités puisque, dans leur pays d’origine, la police, l’armée ou d’autres représentants de l’État sont les auteurs des actes de violence.
Les réfugiées et les immigrantes ayant le statut de résidentes permanentes ne peuvent pas perdre ce statut ni être forcées de quitter le Canada parce qu’elles mettent fin à une relation de violence.
Il est important de préciser que la sécurité des victimes de violence commise par le partenaire intime est primordiale. Ces personnes peuvent demander l’aide de fournisseurs de soins de santé locaux et d’organismes offrant des services juridiques.
Les réfugiées ayant un statut temporaire ou qui n’ont pas de statut et qui envisagent de quitter leur époux ou leur partenaire violent devraient obtenir des conseils juridiques sur les options qui s’offrent à elles, car des questions juridiques peuvent avoir une incidence sur leur situation (Éducation juridique communautaire Ontario [CLEO], 2014). Dans la plupart des provinces et territoires, les personnes qui n’ont pas les moyens de retenir les services d’un avocat peuvent obtenir gratuitement des conseils juridiques en s’adressant au bureau de l’aide juridique de leur localité, de leur province ou de leur territoire.
La violence contre les femmes et les droits des femmes peuvent être des sujets controversés ou délicats dans certaines communautés à l’échelle locale et mondiale (ONU Femmes, 2011). Certaines femmes se trouvent coupées de leur communauté ou de leur cercle social lorsqu’elles exercent leurs droits. Pour d’autres, la vie de la communauté et l’identification à cette communauté l’emportent sur les droits individuels. En leur offrant un soutien social adéquat, on peut leur faire connaître les diverses options à leur disposition et les éclairer quant aux décisions qu’elles peuvent prendre.