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5.1.3

Facteurs cliniques dont il faut tenir compte

Facteurs de service dont il faut tenir compte

Au Canada, les maladies mentales et les problèmes de santé mentale les plus courants au sein de la population générale âgée de 65 ans et plus sont, par ordre de prévalence :
(MacCourt et coll., 2011)
Cette prévalence pourrait être la même chez les réfugiés et les immigrants âgés, dont les maladies mentales et les problèmes de santé mentale courants comprennent les suivants :

Un grand nombre de fournisseurs ne sont pas conscients des problèmes et des obstacles auxquels les immigrants et les réfugiés âgés font face lorsqu'ils veulent obtenir des services de santé. De plus, des symptômes comme la tristesse et l'agitation ainsi que les symptômes cognitifs sont souvent imputés au « vieillissement normal ». Or, ces symptômes sont courants chez les personnes âgées, quel que soit le statut d'immigrant.

Un grand nombre de personnes âgées ne connaissent pas les problèmes de santé mentale et les maladies mentales ou ne savent pas comment les interpréter (McCleary et coll., 2013; Tieu et coll., 2010). Il se peut qu'elles ne reconnaissent pas les symptômes de ces problèmes et, dans le cas de la démence, elles pourraient considérer que ces symptômes font partie du vieillissement normal puisqu'elles ne connaissent pas le problème de santé mentale (McCleary et coll., 2013). Parfois, les clients pensent, à tort, que les symptômes de troubles mentaux courants comme la dépression et le TSPT sont causés par la démence. Dans certaines cultures et communautés, les problèmes de santé mentale et les maladies mentales se manifestent sous forme de problèmes de santé physique comme l'hypertension, un taux de cholestérol élevé et l'insomnie. De plus, on peut croire que la maladie disparaîtra d'elle-même. Enfin, un grand nombre de personnes, particulièrement les immigrants âgés, croient que les maladies mentales et les problèmes de santé mentale sont contagieux, ce qui entraîne la stigmatisation des personnes qui en sont atteintes (Chen et coll., 2013).

Si un diagnostic erroné est posé ou si on ne reconnaît pas le lien entre un problème de santé physique et un problème de santé mentale, il se peut que la maladie ne soit pas traitée, ce qui pourrait entraîner des troubles mentaux graves, une déficience majeure, voire la mort (McCleary et coll., 2013). Précisons que la dépression et les troubles anxieux peuvent aggraver la démence. Les problèmes non dépistés ou mal diagnostiqués peuvent réduire la qualité de vie et avoir des conséquences graves chez les personnes âgées comme le suicide (Fiske et coll., 2009).

Les croyances culturelles et les préjugés peuvent avoir un effet considérable sur le dépistage d'un problème et l'obtention de soins (McCleary et coll., 2013; Tieu et Konnert, 2014). Par exemple, un grand nombre d'immigrants âgés chinois croient qu'ils perdront la face (perte de respect ou humiliation) s'ils consultent un psychiatre. Ils sont donc plus susceptibles d'essayer de régler leur problème de santé eux-mêmes ou de demander l'aide d'un omnipraticien plutôt que de s'adresser à des amis intimes ou à un psychologue (Tieu et Konnert, 2014). Ce peut être une bonne solution si le fournisseur de soins de santé a accès à un vaste réseau de soutien et connaît bien les caractéristiques du vieillissement de cette population, mais cette façon de faire ne peut remplacer la prestation de soins spécialisés.

Lorsque des personnes de divers milieux demandent de l'aide, les fournisseurs devraient évaluer les croyances culturelles de ces personnes à l'égard de la maladie et, lorsque cela est approprié et possible, les sensibiliser aux problèmes de santé mentale et faire la promotion de la santé mentale. En tenant compte des croyances culturelles des clients et en leur prodiguant un traitement adapté à leur culture, lorsque cela est possible, on augmentera les chances qu'ils suivent le plan de traitement recommandé.

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Question de récapitulation

Vrai ou faux?

Un grand nombre de fournisseurs de soins de santé ne remarquent pas les symptômes du TSPT, de l'anxiété et de la dépression chez les réfugiés âgés ou posent un diagnostic incorrect en raison de l'âge de cette population, du fait qu'elle a tendance à passer inaperçue et de la présence d'obstacles culturels et linguistiques.

Vrai