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Cours de langue

Les programmes qui aident les survivants de tortures à apprendre le français ou l'anglais ou à améliorer leur maîtrise de ces langues sont particulièrement utiles. De plus, ces programmes sont relativement accessibles. La participation à un cours de français ou d'anglais offre plusieurs avantages pratiques, dont les suivants :

De plus, les cours de français ou d'anglais renforcent les capacités des survivants de se bâtir une vie gratifiante au Canada. Cela dit, il ne faut pas oublier que certaines conséquences de la torture, comme le manque de concentration, la méfiance à l'égard des étrangers et la peur des groupes et des symboles d'autorité, font obstacle à l'apprentissage d'une autre langue. Il pourrait être utile aux survivants de tortures de suivre des cours de langue dans une petite classe en utilisant un programme d'études adapté à leurs besoins (CCVT, s.d.).

Facteurs dont il faut tenir compte lorsqu'on enseigne à des victimes de la torture

Avec David Colin Burt (professeur de langue, Centre canadien pour victimes de torture)

À ne pas faire : des considérations à prendre en compte lorsqu'on donne des cours à des personnes victimes de torture Ne jouez pas au pendu ou à des jeux similaires sur le tableau. N'utilisez pas le marqueur rouge. N'encombrez pas le tableau avec des mots. Ne laissez pas le tableau en désordre car vous voulez garder l'espace libre. Vous voulez faire en sorte que la classe soit un lieu agréable. Je demande même aux étudiants : « Souhaitez-vous que je ferme la porte ? Cela vous convient-il si je ferme la porte à cause du bruit ? » Et ils répondront soit oui ou non mais ainsi ils ont le contrôle. Ne soyez pas trop indiscret lorsqu'un étudiant est triste ou contrarié. « Oh, qu'est-ce qui ne va pas ? » C'est une grave erreur parce qu'il est possible que la personne perde les pédales. Laissez la personne être triste. Et vous retournez à vos occupations, vous les regardez et vous leur faites un signe de la tête. Mais ne soyez pas trop curieux. Ce n'est pas mon travail. Je suis un enseignant. Un autre point à considérer : ne vous tenez pas debout d'une manière menaçante près d'un étudiant lorsqu'il travaille. Je m'assois avec eux, je parle de l'autre côté de la table. Vous les verrez se renfermer sur eux-mêmes si vous les regardez de haut. Un autre point à considérer : quand vous donnez un cours sur la santé et que vous voulez présenter les différentes parties du corps, il est préférable de montrer l'intégralité du corps humain plutôt que de montrer juste une main ou une jambe parce que cela peut déclencher des souvenirs qu'ils veulent vraiment oublier. Les docteurs en blouse blanche, c'est un autre point à considérer. Les docteurs étaient présents pendant les tortures, et ce parfois contre leur gré. Ils devaient ranimer la victime afin qu'elle puisse être encore plus torturée. Les docteurs peuvent donc susciter la peur. Beaucoup de personnes ont remarqué qu'à présent les docteurs s'habillent comme tout le monde. Peut-être que le temps de la blouse blanche est révolu. S'éloigner d'un étudiant qui a besoin de votre attention. Un étudiant vous parle et quelqu'un d'autre vous interpelle. S'éloigner de l'étudiant n'est vraiment pas la bonne attitude à adopter. Donnez à tout le monde l'attention qu'il leur est due et dites : « désolé, je reviens vers vous tout de suite. » ou « oui, ce que vous dites m'intéresse vraiment. » Ne posez pas de questions sur les membres de la famille proche lors des journées à thème sur la famille. « Décrivez-moi votre famille. » « Ils ont été enlevés et je ne sais pas où ils se trouvent. » ou « j'ai dû aller identifier ma mère. » Vous n'avez pas besoin d'aller si loin et vous pouvez plutôt utiliser une famille imaginaire : « ceci est la famille de quelqu'un d'autre. » Ils sont très heureux d'apprendre ce vocabulaire car cela les fait revenir à une vie normale. Je ne leur pose même pas de questions à propos de leur famille. S'ils m'en parlent, ok, c'est correct. Ne vous penchez pas dans les affaires personnelles d'un étudiant même si un étudiant semble vouloir le faire. Je dis simplement : « ok, ceci est une salle de classe. On est ici pour apprendre. Si vous avez un problème personnel ou autre, vous pouvez peut-être me parler ou aller voir un conseiller après la classe. » Ou bien, j'irais immédiatement voir une personne capable de traiter ce genre de situation. Un autre point à considérer : je ne présume jamais qu'un objet perdu ou égaré est sans importance. Si une personne ne trouve pas son stylo, c'est quelque chose de très important pour elle. Je prendrais un air paniqué avec cette personne et je dirais : « où se trouve le stylo ? Tous ensemble, cherchons le stylo. » Perdre quelque chose de petit ou grand peut déclencher un souvenir de quelque chose qui leur a été enlevé. Être privé même des petites choses peut avoir un grand impact. Si quelqu'un fait une crise et se dispute avec une autre personne, j'essaie de ne pas intervenir ou de bloquer la situation. C'est très difficile mais j'essaie plutôt de détourner le problème et faire en sorte qu'ils se calment. « Soyons tous amis. » Comme tous les étudiants souffrent de traumatismes similaires dans ma classe, certains peuvent parfois s'avancer et étreindre l'étudiante qui est en train de s'énerver. « Nous t'aimons, nous t'aimons. » Et elle dit : « Je vous tuerais. » Et je dis : « Tue-la avec de l'amour » et soudainement le mot amour devient le mot du jour. Et ne présumez pas, même lors des meilleurs moments, que c'est une salle de classe normale. Quand un enseignant suppléant vient vous remplacer, il faut vraiment le préparer. Vous ne pouvez pas présumer que c'est une classe normale même si je la traite comme si elle l'était.

Les fournisseurs de soins de santé doivent être conscients de l'importance cruciale de l'aide à l'installation et du soutien social. La communauté d'accueil pourrait elle aussi nier l'existence de la torture, ce qui maintiendrait l'isolement social des personnes qui en ont été victimes. En faisant connaître aux survivants les ressources qui peuvent les aider à former un réseau social dans leur nouvelle communauté, on les aidera à tisser des liens sociaux et à répondre à leurs besoins (Simalchik, s.d.).

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