Peu d'études ont été faites sur les problèmes de santé mentale et les maladies mentales avec lesquels sont aux prises les immigrants et réfugiés 2SLGBTQ+. Toutefois, on peut tirer certaines conclusions en se basant sur les études générales portant sur ces immigrants et sur les personnes 2SLGBTQ+ qui ne sont pas des immigrants.
En général, les personnes 2SLGBTQ+ ont un risque plus élevé de problèmes de santé mentale et de maladies mentales comme la dépression, l'anxiété, le suicide ou les pensées suicidaires et les problèmes liés à l'usage d'une substance dans certains contextes avant ou pendant la migration.
la sortie du placard;
la transition de genre;
l'oppression intériorisée;
la perte du soutien familial;
l'oppression de la société (p. ex., homophobie, biphobie, transphobie);
les menaces à la sécurité socioéconomique (p. ex., logement, emploi) causées par la discrimination.
Pour les nouveaux arrivants 2SLGBTQ+, l'incertitude au sujet de l'avenir peut interagir avec les difficultés éprouvées après la migration comme la pauvreté, le chômage et l'exclusion sociale au sein de la société canadienne. L'homophobie, la persécution, les mauvais traitements et d'autres formes de violence avec lesquels sont aux prises les personnes 2SLGBTQ+ dans leur pays d'origine en raison de leur identité sexuelle ou de genre peuvent aggraver les problèmes de santé mentale.
Des réfugiés 2SLGBTQ+ ont déclaré avoir subi de mauvais traitements affectifs ou physiques, avoir été rejetés, agressés, forcés de se marier à une personne de sexe opposé, et avoir été victimes de chantage et de viol « de correction » (Shidlo et Ahola, 2013). Ces mauvais traitements peuvent commencer dès l'enfance et être perpétrés par des membres de la famille, des pairs ou des responsables d'écoles (Alessi et coll., 2016). Les réfugiés 2SLGBTQ+ ayant subi des actes violents pendant longtemps peuvent souffrir de dépression, d'anxiété, de traumatismes complexes et du TSPT (Alessi et coll., 2016; Messih, 2016).
En plus de composer avec les traumatismes vécus, les réfugiés 2SLGBTQ+ ou d'autres nouveaux arrivants 2SLGBTQ+ ayant quitté un pays où ils étaient stigmatisés ou considérés comme des criminels doivent également faire face au stress de l'installation et ne bénéficient peut-être pas du soutien de leur communauté ethnoculturelle. Ces personnes pourraient avoir peur de tisser des liens dans leur communauté en raison des expériences vécues et de la stigmatisation dont font l'objet les personnes 2SLGBTQ+. De plus, les réfugiés 2SLGBTQ+ peuvent craindre l'homophobie ou la transphobie des membres de leur communauté ethnoculturelle, ce qui pourrait les priver du soutien de ces personnes (Alessi, 2016; Kahn, 2015; Lee et Brotman, 2011).
Les réfugiés et immigrants 2SLGBTQ+ peuvent être mal à l'aise à l'idée d'avoir recours à des organismes 2SLGBTQ+, ce qui pourrait les empêcher d'obtenir de l'aide pour composer avec leurs traumatismes et s'adapter à la vie au Canada (Kahn, 2015). L'isolement social pourrait être un problème encore plus prononcé pour les immigrants et les réfugiés 2SLGBTQ+ qui sont marginalisés en raison de leur race ou de leur ethnicité, ce qui peut avoir un effet négatif sur leur santé mentale (Logie, 2012). En outre, il peut y avoir des inégalités, du racisme, du classisme, de la biphobie, de la transphobie et d'autres formes d'exclusion au sein de la communauté 2SLGBTQ+, comme c'est le cas dans toutes les communautés, ce qui peut empêcher ses membres de bénéficier de la résilience de la communauté (Meyer, 2015).
Pendant le processus de détermination du statut de réfugié, les demandeurs d'asile peuvent se sentir obligés de sortir du placard ou d'exprimer leur identité 2SLGBTQ+ de la façon prévue au sein de la société occidentale. Comment les fournisseurs peuvent-ils aider ces personnes lorsqu'elles se sentent obligées de révéler leur identité comme on le fait dans une société occidentale?
Les demandeurs d'asile 2SLGBTQ+ qui arrivent au Canada doivent composer avec un processus complexe qui peut être très envahissant et traumatisant. Ils doivent prouver qu'ils ont une crainte fondée d'être persécutés parce qu'ils sont « membres » d'une minorité sexuelle ou de genre (LaViolette, 2009; CISR, 2020). Par conséquent, ils peuvent se sentir obligés de sortir du placard ou d'exprimer leur identité 2SLGBTQ+ de la façon prévue au sein de la société occidentale (Kahn et coll., 2017; Fernando, 2019). En définitive, les demandeurs d'asile 2SLGBTQ+ courent un risque plus élevé d'avoir des problèmes de santé mentale et une maladie mentale découlant de leur exposition à plusieurs sources de stress (Reading et Rubin, 2011; Messih, 2017). Malgré cela, un grand nombre de nouveaux arrivants 2SLGBTQ+ font preuve d'une force et d'une résilience remarquables lorsqu'ils relèvent les défis quotidiens liés à la victimisation et composent avec les symptômes des problèmes de santé mentale et des maladies mentales (Alessi, 2016).
Les migrants 2SLGBTQ+ peuvent être mal à l'aise à l'idée d'avoir recours à des organismes 2SLGBTQ+.