previous next
5.4.1

Personnes handicapées

Souvent invisibles, négligées et oubliées, les personnes handicapées sont parmi les personnes les plus exclues, isolées et marginalisées de toutes les populations déplacées.
icon

Les personnes handicapées comprennent les personnes « qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l'interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l'égalité avec les autres » (ONU, 2006).

Les personnes handicapées font face à plusieurs catégories d'obstacles.

En plus d'être confrontés à ces obstacles, les réfugiés handicapés se retrouvent souvent dans une situation pire, car leur système de soutien traditionnel, comme la famille élargie, les voisins et les autres personnes soignantes, se désintègre pendant le déplacement. La disparition de ces personnes soignantes, en raison de la séparation lors du déplacement, fait en sorte que les personnes handicapées risquent fort d'être victimes de mauvais traitements et de négligence. Trop souvent, les réfugiés handicapés font l'objet de préjugés et de discrimination, et ont un accès limité, voire aucun accès, aux services de santé et de soutien psychologique, ce qui accroît leur isolement par rapport aux autres réfugiés. Les immigrants handicapés et les familles ayant un enfant handicapé doivent eux aussi composer avec la détérioration des liens sociaux causée par la migration dans un autre pays (Khanlou et coll., 2015, 2017).

En général, les immigrants bénéficient d'un meilleur réseau de soutien que les réfugiés. Toutefois, les membres de certaines communautés essaient de cacher leur handicap parce qu'ils ne veulent pas connaître « l'altérité » ni faire l'objet de mauvais traitements ou de discrimination (Hansen et coll., 2017). De plus, certains immigrants ne reçoivent pas de soutien à la maison de la part de leurs parents ou de leur conjoint(e) trop occupés à composer avec leurs problèmes financiers ou affectifs (Khanlou et coll., 2017).

Certains réfugiés ont un handicap préexistant, c.-à-d. qu'ils avaient ce handicap avant le conflit ayant entraîné la migration. D'autres sont devenus handicapés ou leur handicap s'est aggravé lorsqu'ils sont devenus réfugiés, dans bien des cas en raison de l'une ou l'autre des situations suivantes :
(CDC, 2012; Hameed, Sadiq et Din, 2018)

Les modifications apportées à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés du Canada en 2018 ont entraîné une augmentation du seuil de coût, qui équivaut à trois fois le coût moyen par habitant au Canada, pour les problèmes de santé préexistants, ce qui a imposé un fardeau excessif sur les services sociaux et de santé au pays (Gouvernement du Canada, 2018). Les motifs d'inadmissibilité ne s'appliquent pas aux personnes parrainées par leur famille, aux réfugiés et à leurs personnes à charge et aux personnes protégées (Gouvernement du Canada, 2018). Ces modifications temporaires sont devenues permanentes en 2022 (Gouvernement du Canada, 2022).

icon

En 2017, les immigrantes de 15 ans et plus étaient plus susceptibles de déclarer un handicap que les immigrants de sexe masculin (15,9 % par rapport à 11,5 %).

icon

Toujours en 2017, 21,4 % des immigrants récents étaient des personnes handicapées (Statistique Canada, 2018).

Le pourcentage d'immigrants handicapés de sexe masculin âgés de 15 ans et plus qui vivaient au Canada était inférieur au pourcentage d'hommes non immigrants handicapés de ce groupe d'âge (17,7 % et 21,4 %, respectivement).

icon

Parmi les immigrants récents, seuls 6,8 % des hommes étaient des personnes handicapées en 2017 (Statistique Canada, 2018).

icon
icon

Ces réfugiés et immigrants sont extrêmement vulnérables et ont des besoins particuliers, car la migration, l'acculturation et les relations sociales exercent des pressions qui risquent davantage d'avoir un effet négatif sur leur vie.