La réinstallation est une expérience particulièrement pénible pour les personnes handicapées. Or, dans bien des cas, leur accès aux ressources offertes pour la réinstallation est limité en raison d'obstacles comportementaux, physiques et sociaux créés par la société, y compris les fournisseurs de services. En raison d'une connaissance limitée de leurs droits et des ressources qui leur sont offertes dans le pays d'accueil, un grand nombre de réfugiés handicapés ne peuvent subvenir aux besoins qui leur sont propres (Mirza et Heinemann, 2012; Tam, Smith-Carrier, Kwok, Kerr et Wang, 2021).
La réinstallation au Canada comporte des obstacles particuliers, notamment en ce qui concerne le transport. Dans un grand nombre de banlieues, le transport en commun est limité ou n'est pas accessible et les autres modes de transport peuvent être coûteux, ce qui peut accroître le stress des personnes handicapées, leur isolement social, ainsi que leurs problèmes de santé mentale et leurs maladies mentales (Hansen et coll., 2017).
Les conditions météo jouent aussi un rôle, car un grand nombre d'immigrants et de réfugiés proviennent de pays où les conditions hivernales ne sont pas un problème. Les hivers canadiens sont rigoureux et sont particulièrement difficiles pour les personnes ayant une déficience visuelle ou physique (Hansen et coll., 2017).
En plus des obstacles que tous les réfugiés et immigrants doivent surmonter pour trouver un emploi, les personnes handicapées sont confrontées à d'énormes barrières sociales et comportementales. On reconnaît rarement la contribution que les personnes handicapées peuvent apporter. Ces personnes sont plus souvent considérées comme un problème que comme une ressource (Women's Commission for Refugee Women and Children [WCRWC], 2008; Tam, Smith-Carrier, Kwok, Kerr et Wang, 2021).
On peut faire beaucoup pour changer la manière dominante de penser aux déficiences. On peut commencer par revoir nos perceptions en célébrant la déficience par exemple, au lieu de penser que la déficience est un problème et comment on peut impliquer les personnes ayant des déficiences dans les programmes gouvernementaux et les pratiques. Cela aiderait à voir les personnes ayant des déficiences, immigrantes ou réfugiées, comme des personnes contribuant ou pouvant contribuer à la société et faisant partie du tissue social d’une manière essentielle au lieu de les catégoriser par exemple, à cause de réactions excessives qui font passer les personnes ayant des déficiences, immigrantes ou réfugiées, pour des fardeaux, ou des dangers potentiels pour le système socio-économique ou à cause du soi-disant coût excessif qu’elles pourraient représenter pour le système de santé ou social. Le plus important est de commencer par célébrer la déficience au sein de notre société, afin qu’elle soit considérée comme une différence plutôt qu'un problème.