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6.1.5

Soins sensibles aux traumatismes

S’il est vrai que les nouveaux immigrants sont généralement en meilleure santé que les réfugiés à leur arrivée au Canada, certains ont vécu des traumatismes avant ou pendant leur migration pouvant nécessiter un traitement. Les fournisseurs de soins de santé devraient tenir compte de l’effet des traumatismes sur la vie et la santé de leurs clients. L’approche des soins sensibles aux traumatismes établit un cadre de prestation des services de santé qui peut favoriser la santé mentale des personnes ayant vécu des traumatismes et leur rétablissement à long terme. Elle est axée sur un traitement sensible afin d’éviter que les clients ne soient traumatisés à nouveau (Harris et Fallot, 2001).

Il importe de faire la distinction entre les services axés sur les traumatismes et les services sensibles aux traumatismes.
Services axés sur les traumatismes

Les services axés sur les traumatismes ont pour but d’atténuer l’incidence des traumatismes et de faciliter le rétablissement des clients ayant vécu des traumatismes.

Services sensibles aux traumatismes

Les services sensibles aux traumatismes ont pour but de créer des conditions où l’on reconnaît l’effet des traumatismes et où on s’efforce de procurer un sentiment de sécurité sur le plan physique et émotionnel. Pour utiliser cette approche, il n’est pas nécessaire que le bénéficiaire révèle son passé traumatique. Dans les services sensibles aux traumatismes, les politiques, les pratiques et les approches relationnelles du personnel misent sur la sécurité et l’autonomisation du client.

(Arthur et coll., 2013; Blanch, 2008)

Des recherches laissent croire que les programmes et services s’adressant aux réfugiés devraient être sensibles aux traumatismes afin de veiller à ce que les fournisseurs de services soient conscients de l’incidence des traumatismes sur les survivants et en tiennent compte dans la prestation des services (Fallot et Harris, 2001; Blanch, 2008). L’approche sensible aux traumatismes reconnaît l’effet marquant des traumatismes vécus avant la migration sur les réfugiés, l’injustice dont ils ont fait l’objet et les nombreuses pertes qu’ils ont essuyées (Agic, 2012). Cela dit, il ne faut pas obliger les réfugiés et les immigrants à parler de leurs traumatismes (Arthur et coll., 2013; Gardiner et Walker, 2010). Cependant, ils devront en fournir une description écrite détaillée, rédigée avec l’aide de leur avocat, lors de l’audience visant à déterminer leur statut de réfugié.

Principes clés des soins sensibles aux traumatismes

Questions de récapitulation

Vrai ou faux?

Il est possible de créer un environnement où l’on reconnaît les effets des traumatismes tout en assurant la sécurité physique et émotionnelle de la personne, sans l’obliger à divulguer les traumatismes qu’elle a vécus.

True

Il ne faut pas obliger les réfugiés et les immigrants à parler de leurs traumatismes.

True