La pandémie de COVID-19 a entraîné une hausse du racisme et de la discrimination anti-asiatiques, car les personnes asiatiques ont porté le blâme pour cette maladie. Même les jeunes asiatiques de 18 ans et moins ont été victimes d’actes haineux et de racisme. Les signalements de discrimination faits par des enfants et des adolescents ont augmenté de 286 % en 2021 par rapport au nombre enregistré en 2020 et représentaient 29 % de tous les signalements (Chinese Canadian National Council Toronto Chapter [CCNCTC] et Project 1907, 2022).
Les deux scénarios suivants, basés sur des faits réels, illustrent les expériences vécues par des jeunes.
« Un jeune asiatique a été hospitalisé après avoir été agressé par des élèves de son école, qui lui ont dit qu’ils se reprendraient lorsqu’il sortirait de l’hôpital. »
« Une jeune asiatique préfère porter un masque toute la journée à l’école pour qu’on ne sache pas qu’elle est asiatique. »
Des chercheurs de la faculté de travail social Factor-Inwentash de l’Université de Toronto, de l’Asian Canadian Living Archive et de la Hong Fook Mental Health Association ont mis en œuvre un projet intitulé My Script, My Voice.
Ce projet, qui comprenait des séances de discussion en groupe et un photoreportage (photographies et arts visuels) avait pour but de répondre aux questions suivantes :
Qu’est-ce que le racisme anti-asiatique (RAA) et quelle en est l’origine?
Comment les jeunes vivent-ils le RAA et comment composent-ils avec ses répercussions?
Quel est le lien entre le RAA et l’identité?
Ne pas savoir à qui demander de l’aide et avoir de la difficulté à le faire
Faire comme si le problème n’existait pas
Diriger leur attention vers les études ou les comportements socialement non acceptables (vandalisme, automutilation, voies de fait ou intimidation)
Consommer des substances psychotropes
Ne comprenaient pas la situation à laquelle ils étaient confrontés
Adoptaient une attitude passive (p. ex., « ne cherche pas les ennuis »)
Redirigeaient leurs enfants vers les études
« Le racisme et la discrimination sont des facteurs de stress omniprésents dans la vie d’un grand nombre de personnes issues d’une minorité raciale et ethnique et les jeunes asiatiques n’y échappent pas. La discrimination raciale est devenue un facteur qui contribue à l’apparition de troubles de santé physique et mentale. De jeunes Asiatiques nous disent qu’ils ont honte de leur identité sociale, c’est-à-dire du fait qu’ils sont asiatiques. Ils ont du mal à parler à leurs parents de ce qu’ils vivent, ce qui accroît leur isolement, les rend plus anxieux et déprimés et les empêche de participer pleinement à la société canadienne. »
Bonnie Wong, directrice générale de la Hong Fook Mental Health Association (publié par le CCNCTC dans le document intitulé Another Year: Anti-Asian Racism across Canada, Two Years into the COVID-19 Pandemic)Indiquez au moins trois facteurs liés au racisme qui contribuent aux problèmes de santé mentale chez les immigrants et les réfugiés. Après avoir soumis votre réponse, cliquez sur le bouton ci-dessous pour accéder à une discussion.
Le racisme perçu est un facteur de risque lié aux problèmes de santé mentale. Selon des recherches canadiennes, il y a un lien entre la discrimination perçue et la détérioration de la santé mentale signalée par les immigrants après la migration. Lorsque les nouveaux arrivants et les groupes racialisés font l’objet d’une discrimination, s’attendent à en faire l’objet ou perçoivent une forme de discrimination, ils sont moins susceptibles d’accéder aux programmes et services et ont plutôt recours à des interventions non médicales pour traiter leurs problèmes de santé mentale ou leurs maladies mentales (Commission de la santé mentale du Canada [CSMC], 2019).
Des études ont démontré que les taux de dépression et d’anxiété risquent d’augmenter lorsque les immigrants n’arrivent pas à trouver un emploi dans leur domaine d’études. Par exemple, la plupart des immigrants ont un niveau de scolarité plus élevé que celui des personnes nées au Canada, mais gagnent moins que la population née au pays. En 2015, les immigrants ayant un emploi à temps plein gagnaient moins que les Canadiens non immigrants ayant le même niveau de scolarité (CSMC, 2019).
Bien que le Canada s’enorgueillisse du multiculturalisme et soit considéré comme une mosaïque culturelle, il y a une hiérarchie raciale. Comme c’est le cas dans toutes les sociétés, le classisme existe. Un grand nombre de nouveaux immigrants qui avaient un statut social élevé dans leur pays d’origine voient ce statut baisser dans leur pays d’accueil, ce qui peut avoir un effet négatif sur la santé mentale (CSMC et CAMH, 2009).