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7.3.1

Intersection des identités

Nous avons tous plusieurs identités, que ce soit sur le plan de la race, de l’âge, de la langue, du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’origine nationale. Ces identités se croisent – c’est ce qu’on appelle l’intersectionnalité – et interagissent de façon complexe, ce qui a une incidence sur les expériences vécues et peut créer des inégalités en matière de santé (MSSLD, 2012; Caiola et coll., 2014; CAMH, 2021).

L’intersectionnalité nous permet de prendre en compte plusieurs facteurs qui constituent des avantages et des désavantages et qui changent constamment avec le temps et en fonction de l’espace et du milieu. Le croisement des identités sociales a une influence sur la façon dont nous vivons dans le monde qui nous entoure et dont nous nous y retrouvons (Crenshaw, 1989).

Vidéo : Intersectionnalité et résultats différents

Avec le Dr Leonard Edwards (chef adjoint du Bureau de l’équité en santé, CAMH)

L'intersectionnalité est une approche qui nous permet de comprendre comment les aspects de l'identité sociale et politique d'une personne tels que sa race, son genre, son orientation sexuelle ; comment tous ces aspects créent différents types de discrimination ou de privilège. Comment donc pouvons-nous devenir des alliés plus intersectionnels ? Premièrement, il est important de vérifier notre propre privilège. Toutes nos identités sociales jouent un rôle dans le privilège qu'on le veuille ou non : notre éducation, notre orientation sexuelle ou nos habilités. Il est donc important que nous y réfléchissions et que nous examinions le rôle que nos privilèges peuvent jouer dans la discrimination que nous ne subissons pas et la discrimination à laquelle nous participons. Deuxièmement, pour devenir un allié plus intersectionnel, il faut écouter et apprendre. Au cœur même de l'intersectionnalité se trouve cette idée de collaboration. Il est important que nous nous engagions dans une collaboration sérieuse et respectueuse avec les communautés diversifiées et racialisées : en écoutant et en honorant toutes leurs expériences, en nous rappelant également qu'il n'appartient pas entièrement à ces communautés diversifiées et racialisées de nous faire part de leurs expériences. Troisièmement, ce point concerne la création d'espace. Qui est au centre de cette conversation ? Quelles voix honorons-nous ? Est-il raisonnable que nous répondions tout de suite ? Il faut comprendre qu'il est important que nous ne parlons pas pour ou au nom des communautés racialisées et diversifiées. Et pour terminer, il faut surveiller notre langage. La façon dont nous décrivons les expériences des personnes est-elle synomyme d'exclusion, voire, offensante ? Nous devons être disposés à accepter les critiques et à reconnaître nos lacunes, en nous rappelant que le but de ce travail n'est pas d'atteindre la perfection mais de progresser. En cherchant à devenir un allié plus intersectionnel, vous améliorerez les expériences de ceux d'entre nous qui sont les plus vulnérables.