Le capital social comprend les liens tissés par l’entremise des relations et des réseaux qui peuvent donner accès à des ressources et à des soutiens (Arshad, 2011; Villalonga-Olives et Kawachi, 2015). Il peut comprendre également les volets formels et informels qui constituent l’écologie des soutiens sociaux auxquels une personne peut accéder lorsqu’elle doit relever des défis (Arshad, 2011; Villalonga-Olives et Kawachi, 2015). Les soutiens sociaux sont un facteur important pour l’installation réussie des nouveaux arrivants. Ils ont un effet considérable sur les résultats obtenus en matière de santé et influencent la santé physique, mentale, spirituelle et psychosociale (Harandi et coll., 2017; Stewart et coll., 2010). Les soutiens sociaux renforcent la capacité d’adaptation, atténuent les effets des stresseurs et favorisent la santé (Simich et coll., 2005; ACSM BC et Anxiété Canada, 2016). De plus, ils protègent contre le stress et les risques pour la santé mentale (Guruge et coll., 2015).
La santé mentale des personnes qui immigrent au Canada est meilleure que celle de la population générale. Les immigrants bénéficiant d’un niveau élevé de soutien social éprouvent moins de stress lié à la réinstallation pendant qu’ils s’adaptent à leur pays d’accueil (Ali, 2002; Bergeron et coll., 2005; Lou et coll., 2005; Wu et Schimmele, 2005; Puyat, 2013; Hynie, 2017).
Inversement, les personnes ayant un faible niveau de soutien social courent un risque plus élevé d’avoir des troubles mentaux. Cette tendance est plus marquée chez les immigrants récents que chez ceux arrivés au pays depuis un certain temps et que chez les personnes nées au Canada (Chadwick et Collins, 2015).
Tel qu’illustré dans le graphique ci-dessous, les réseaux informels (y compris la famille, les amis, les voisins et les communautés d’intérêts) et les entités officielles (y compris les gouvernements, les entreprises et les organismes communautaires) interagissent et se renforcent les uns les autres. Les réseaux informels sont une source d’information et aident les nouveaux arrivants à accéder aux programmes et aux services qui sont essentiels à leur intégration. Quant à elles, les entités officielles, en plus de fournir un large éventail de services et de programmes, permettent aux particuliers de nouer des liens et de développer de nouveaux réseaux sociaux informels. Ces personnes misent sur leur capital financier, humain, physique et social pour relever les défis. L’interaction entre les réseaux informels et les entités officielles renforce ce capital. En retour, les particuliers peuvent investir ce capital dans les réseaux sociaux et les entités officielles.
Réseaux sociaux informels
Les réseaux sociaux informels améliorent l’accès aux structures formelles.
(capital social)
(capital financier)
Capital requis
(capital physique)
(capital humain)
Les réseaux sociaux formels renforcent les réseaux informels.
Entités officielles
La langue constitue un défi après la migration. Par exemple, un nouvel arrivant désirant suivre un cours d’anglais ou de français langue seconde doit s’y retrouver au sein d’un système complexe. De plus, il ne connaît peut-être pas les services d’établissement et les cours de langue offerts dans la communauté. Toutefois, le réseau informel, comme un membre de la famille, peut lui fournir les renseignements dont il a besoin. Le nouvel arrivant peut alors s’adresser à un organisme de services pour les immigrants afin d’être dirigé vers un cours d’anglais ou de français langue seconde. L’entité officielle, c’est-à-dire l’organisme qui offre le cours dans cet exemple, donnera l’occasion au nouvel arrivant non seulement d’apprendre l’anglais ou le français, mais aussi de former un nouveau réseau social informel.