Le parcours des immigrants et des réfugiés comprend trois phases: la prémigration, la migration et la postmigration. La prévalence des problèmes de santé mentale et des maladies mentales chez les immigrants et les réfugiés dépend, dans une large mesure, des facteurs de protection et de risque auxquels ils sont exposés à chaque étape du parcours migratoire (Jaime Ballard, 2019; Farahani, Joubert, Anand, Toikko et Tavakol, 2021; Carroll, Luzes, Freier et Bird, 2020).
Par exemple, avant et pendant la migration, de nombreux réfugiés ont vécu des situations difficiles et des événements traumatisants les exposant à un risque de problèmes de santé mentale (OMS, 2021).
Le soutien social est essentiel pour le bien-être psychologique d'une personne. Il s'agit à la fois du soutien perçu et du soutien reçu. Certaines recherches suggèrent que la perception que des gens vous aident peut être plus importante que le fait que vous receviez vraiment de l'aide. Vous avez l'impression d'avoir des gens sur qui vous pouvez compter. Donc, si vous vous sentez isolé socialement, si vous n'avez pas l'impression d'avoir des gens sur qui compter, alors vous vous sentez plus vulnérable, vous vous sentez moins valorisé et il est plus difficile de faire face aux facteurs de stress. Certains pensent qu'il est important d'avoir une personne proche sur laquelle on peut compter. D'autres estiment qu'il s'agit d'avoir un réseau de personnes autour de vous. Vous pouvez réfléchir à ce que vous obtenez réellement de votre soutien social. Donc, si vous considérez le soutien social comme un moyen d'accéder à un soutien émotionnel, un moyen d'obtenir des informations ou un moyen d'accéder à des ressources matérielles, vous pouvez songer à comment différentes relations peuvent fournir différents types de soutiens. Pour les nouveaux arrivants au Canada, l'un des défis est d'avoir un réseau de soutien social limité. En termes de soutien émotionnel, il est très important d'avoir une personne proche sur laquelle vous pouvez compter. Ainsi, les personnes qui viennent avec leur famille ou qui viennent avec un ami très proche peuvent avoir ce soutien émotionnel sur lequel elles peuvent compter à la fois pour un soutien émotionnel mais aussi pour un soutien matériel, pour demander des choses qu'elles ne seraient pas à l'aise de demander aux personnes qu'elles connaissent peu. Mais une autre façon de penser au soutien social est de songer au réseau dont vous faites partie qui vous procure un capital social, qui vous fournit des informations, ou des liens vers de l'emploi, vers des opportunités de trouver un logement, d'être présenté à d'autres personnes qui pourraient être en mesure de vous aider à accéder à ces ressources. Ces réseaux sont plus petits pour les personnes arrivées récemment dans un nouveau pays. Ainsi, on peut à la fois mieux gérer les facteurs de stress que l'on rencontre quand on a des gens sur qui compter, qui vous aideront à partager le fardeau et à vous sentir mieux, mais si vous avez un réseau plus large, vous pourrez peut-être aussi contourner certains des obstacles que vous rencontrez parce que ces relations sont des ressources pour vous.
Les politiques canadiennes en matière de relations internationales ou d'admission des immigrants et des réfugiés qui minimisent les facteurs de risque et renforcent les facteurs de protection de la santé mentale des nouveaux arrivants peuvent avoir une incidence sur les expériences vécues par les immigrants et les réfugiés. Ainsi, les politiques qui insistent sur l'importance de ne pas séparer les familles tout au long du processus migratoire peuvent protéger la santé mentale.
On peut influencer directement les facteurs de risque et de protection afin de favoriser la santé mentale des nouveaux arrivants, notamment en mettant l'accent sur les déterminants sociaux de la santé.
La prochaine section met en lumière des facteurs sociaux pouvant avoir une incidence sur la santé mentale des immigrants et des réfugiés dans le contexte postmigratoire au Canada. Il importe de préciser toutefois que les défis ne sont pas tous les mêmes pour les sous-populations d'immigrants et de réfugiés pendant leur réinstallation et que les déterminants sociaux n'ont pas tous les mêmes effets sur elles.