Dans bien des cas, la migration, qu’elle soit volontaire ou forcée, fait en sorte que les nouvelles mères reçoivent un soutien social limité, ou n’en reçoivent pas du tout, et se sentent donc seules et isolées (Ballantyne et coll., 2013; O’Mahony et Donnelly, 2010; Wittkowski et coll., 2017). Un grand nombre de femmes terminent leur parcours migratoire et vivent leur grossesse seules. De plus, certaines mères qui n’arrivent pas seules au pays sont en conflit avec leur mari, ne reçoivent pas le soutien nécessaire (p. ex., parce que le père doit travailler de longues heures) et connaissent mal la dépression. Elles doivent souvent s’occuper seules de leur enfant parce que cette tâche n’est pas considérée comme faisant partie du rôle de l’homme (Wittkowski et coll., 2017).
Des recherches ont démontré que les taux de violence commise par le partenaire intime pendant la grossesse sont plus élevés, ce qui pourrait avoir des effets négatifs sur la mère et son enfant. De plus, les nouveaux migrants peuvent être aux prises avec des difficultés sociales et matérielles comme la privation, la pauvreté, un logement dangereux, le chômage ou le sous-emploi (Picot et Hou, 2019; Wittkowski et coll., 2017). La violence pendant la grossesse, qu’elle soit commise par le partenaire intime ou un étranger, est un indicateur solide de la dépression prénatale chez les immigrantes (Miszkurka et coll., 2012b).
Certains chercheurs affirment que des facteurs culturels liés aux immigrantes et aux réfugiées pourraient être associés à des taux accrus de dépression pendant la grossesse, comme c’est le cas pour les femmes en général. Ces facteurs comprennent le rôle traditionnel des femmes et des hommes, le respect des rituels entourant la naissance, ainsi que les croyances et les valeurs culturelles associées à la dépression (O’Mahony et Donnelly, 2010; Wittkowksi et coll., 2017). Dans un grand nombre de familles, qu’elles soient constituées de migrants ou non, la répartition des responsabilités est inégale. De plus, on s’attend à ce que les femmes jouent plusieurs rôles en tant que mères et épouses, qu’elles prennent soin des enfants et de leur époux et qu’elles s’occupent des tâches ménagères (O’Mahony et Donnelly, 2010; Wittkowski et coll., 2017).
Dans certaines cultures, la naissance s’accompagne de rituels et de pratiques ayant pour but d’assurer la santé de l’enfant qu’il peut être difficile de respecter dans les cultures occidentales (Wittkowski et coll., 2017). Tel que mentionné précédemment, ces rituels peuvent être un facteur de risque, mais peuvent également atténuer la dépression postpartum (O’Mahony et Donnelly, 2010). Les rituels les plus courants sont une période de repos après avoir donné naissance, un régime alimentaire et d’autres restrictions, ainsi que le soutien accordé par la famille élargie. On a constaté que ces rituels renforçaient chez les femmes l’impression qu’elles étaient soutenues et que l’on répondait à leurs besoins (Bina, 2008).
La dépression pendant la grossesse passe parfois inaperçue ou on ne prend pas les mesures nécessaires pour la minimiser parce qu’on ne veut pas nuire à l’image de ce qu’est une mère « forte » (Wittkowski et coll., 2017). De plus, certaines personnes sont d’avis que parler d’un problème ne fait qu’aggraver les choses ou est un signe de faiblesse (Wittkowski et coll., 2017).
Malgré ces facteurs de risque, il y a de grandes différences entre les familles d’immigrants et de réfugiés qui s’installent au Canada. En outre, bon nombre d’entre elles sont très résilientes. En fournissant aux femmes enceintes ou venant d’accoucher des renseignements sur les centres ou les programmes de la communauté offrant des possibilités d’emploi, des cours de français ou d’anglais ou des services de garderie, on leur donnera accès à un réseau de personnes pouvant les soutenir et on contribuera à atténuer la dépression entourant la grossesse.
Les ressources comprennent les bureaux de santé publique, les centres de la petite enfance, les cours prénataux et les centres de loisirs communautaires.
Centres de ressources familiales du Manitoba
▶︎ Renseignements supplémentaires [sélectionner le français sur le site web]Calgary Immigrant Women’s Association
▶︎ Renseignements supplémentaires [anglais]Newcomer Centre of Peel
▶︎ Renseignements supplémentaires [anglais]Just4Women Supports at International Women of Saskatoon
▶︎ Renseignements supplémentaires [anglais]La violence commise par le partenaire intime ne vise pas uniquement un groupe de femmes d’une communauté culturelle, linguistique ou ethnique précise. Toutes les femmes peuvent en être victimes.
Dans bien des cas, la migration fait en sorte que les nouvelles mères reçoivent un soutien social limité, ou n’en reçoivent pas du tout, et se sentent donc seules et isolées.