Les réfugiées soignées dans les cliniques peuvent avoir un taux élevé de TSPT attribuable à la violence fondée sur le genre. Dans bien des cas, les traumatismes qu’elles ont vécus n’ont pas été traités. Tel qu’indiqué précédemment dans le présent module, les taux de dépression des immigrantes sont comparables à ceux des femmes nées au Canada, mais pourraient être supérieurs chez les immigrantes et les réfugiées enceintes ou venant de donner naissance (Pottie et coll., 2011). Les fournisseurs ne doivent pas oublier que, pour déterminer les antécédents de violence sexuelle ou les conséquences de cette violence, ils doivent faire preuve d’une grande délicatesse, tenir compte des besoins des clientes et s’assurer qu’elles se sentent à l’aise (Kirmayer et coll., 2011).
Selon les lignes directrices canadiennes sur la santé des immigrants, qui sont fondées sur des données probantes, les programmes de traitement intégrés devraient prévoir un dépistage systématique de la dépression. Toutefois, le dépistage systématique du trouble de stress post-traumatique et de la violence commise par un partenaire intime n’est pas recommandé (Pottie et coll., 2011). Les fournisseurs devraient plutôt être à l’affût des signes et des symptômes d’actes de violence commis par un partenaire intime, comme ils le feraient pour tous leurs clients, et effectuer une évaluation détaillée s’ils ont des motifs raisonnables de croire que leur cliente est victime de tels actes de violence ou si cette dernière révèle qu’elle en a été victime (Pottie et coll., 2011). L’ouverture d’esprit et l’empathie sont essentielles, mais on peut faire plus de tort que de bien si l’on force les clients à divulguer les traumatismes qu’ils ont vécus (Pottie et coll., 2011).
Si je soupçonne fortement qu’un patient a été victime de violence exercée par un partenaire intime, je peux aborder le sujet de plusieurs façons. Premièrement, je veux leur faire savoir que la clinique est un lieu très sûr. C’est confidentiel et sûr. Ils peuvent me parler de ce qu’ils veulent en privé, ainsi qu’à un certain nombre de fournisseurs, à n’importe quel moment. Au fil du temps, si ma relation se solidifie avec le patient, et si je pense que je pourrais poser une question directe, je le ferais probablement. Je dirais : « Avez-vous fait l’objet de violence ? Est-ce que quelqu’un vous a fait du mal ? » Et directement : « Vous sentez-vous en danger ? » Par contre je ne voudrais pas demander directement : « Qui vous a fait du mal ? » Toutefois, j’aimerais vraiment montrer que la porte est ouverte si la relation le permet et si je sentais que le client ou le patient se sentait dans un espace très sûr. Si vous soupçonnez qu’un patient est en danger d’une façon ou d’une autre, je pense alors qu'il y a là une ouverture pour poser la question.
Les femmes s’identifient rarement comme des personnes ayant survécu à des traumatismes sexuels.
En posant des questions sur le pays d’origine, on pourra mettre en contexte l’exposition à des traumatismes sexuels et il sera plus facile de déterminer le risque d’exposition à ces traumatismes.
Les facteurs socioculturels exercent une influence considérable sur les réactions des femmes et leur volonté de parler de leur santé sexuelle. De plus, les sujets considérés comme tabous varient selon les femmes.
Les facteurs culturels et linguistiques peuvent influencer la façon dont une femme décrit ses symptômes et les expériences qu’elle a vécues. De plus, il se peut qu’une évaluation ordinaire ne fournisse pas de renseignements exacts. Il faut utiliser des outils d’évaluation adaptés à la culture des populations soignées (Bartelson et Sutherland, 2018).
En mettant les immigrantes et les réfugiées en contact avec les services, les ressources et les réseaux de soutien offerts, on les aidera à renouer des relations saines, à renforcer leurs liens sociaux et à obtenir un soutien social (Salt, Costantino, Dotson et Paper, 2017).
Les organismes canadiens suivants offrent des services aux immigrantes et aux réfugiées :
Ontario : Newcomer Women's Services Toronto [anglais]
Manitoba : Immigration Partnership Winnipeg [anglais]
British Columbia : Pacific Immigrant Resources Society [anglais]
Lorsqu’on travaille avec des immigrantes et des réfugiées enceintes, il faut leur fournir des renseignements sur la dépression tout au long de leur grossesse et après qu’elles ont donné naissance (Iliadou et coll., 2019).
La participation au marché du travail et l’autonomie financière favorisent considérablement l’amélioration de la santé mentale (Alvi et coll., 2012; Hyman et coll., 2011).