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3.1.5

Facteurs cliniques dont il faut tenir compte

Facteurs de service dont il faut tenir compte

Les réfugiées soignées dans les cliniques peuvent avoir un taux élevé de TSPT attribuable à la violence fondée sur le genre. Dans bien des cas, les traumatismes qu’elles ont vécus n’ont pas été traités. Tel qu’indiqué précédemment dans le présent module, les taux de dépression des immigrantes sont comparables à ceux des femmes nées au Canada, mais pourraient être supérieurs chez les immigrantes et les réfugiées enceintes ou venant de donner naissance (Pottie et coll., 2011). Les fournisseurs ne doivent pas oublier que, pour déterminer les antécédents de violence sexuelle ou les conséquences de cette violence, ils doivent faire preuve d’une grande délicatesse, tenir compte des besoins des clientes et s’assurer qu’elles se sentent à l’aise (Kirmayer et coll., 2011).

Selon les lignes directrices canadiennes sur la santé des immigrants, qui sont fondées sur des données probantes, les programmes de traitement intégrés devraient prévoir un dépistage systématique de la dépression. Toutefois, le dépistage systématique du trouble de stress post-traumatique et de la violence commise par un partenaire intime n’est pas recommandé (Pottie et coll., 2011). Les fournisseurs devraient plutôt être à l’affût des signes et des symptômes d’actes de violence commis par un partenaire intime, comme ils le feraient pour tous leurs clients, et effectuer une évaluation détaillée s’ils ont des motifs raisonnables de croire que leur cliente est victime de tels actes de violence ou si cette dernière révèle qu’elle en a été victime (Pottie et coll., 2011). L’ouverture d’esprit et l’empathie sont essentielles, mais on peut faire plus de tort que de bien si l’on force les clients à divulguer les traumatismes qu’ils ont vécus (Pottie et coll., 2011).

Vidéo : Créer un lieu sûr où les clientes se sentiront à l’aise de parler de la violence commise par un partenaire intime

Avec Vanessa Wright (infirmière praticienne, Clinique Crossroads, Hôpital Women’s College)

Si je soupçonne fortement qu’un patient a été victime de violence exercée par un partenaire intime, je peux aborder le sujet de plusieurs façons. Premièrement, je veux leur faire savoir que la clinique est un lieu très sûr. C’est confidentiel et sûr. Ils peuvent me parler de ce qu’ils veulent en privé, ainsi qu’à un certain nombre de fournisseurs, à n’importe quel moment. Au fil du temps, si ma relation se solidifie avec le patient, et si je pense que je pourrais poser une question directe, je le ferais probablement. Je dirais : « Avez-vous fait l’objet de violence ? Est-ce que quelqu’un vous a fait du mal ? » Et directement : « Vous sentez-vous en danger ? » Par contre je ne voudrais pas demander directement : « Qui vous a fait du mal ? » Toutefois, j’aimerais vraiment montrer que la porte est ouverte si la relation le permet et si je sentais que le client ou le patient se sentait dans un espace très sûr. Si vous soupçonnez qu’un patient est en danger d’une façon ou d’une autre, je pense alors qu'il y a là une ouverture pour poser la question.

Il ne faut pas oublier ce qui suit :