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4.1.5

Déterminants sociaux de la santé mentale après la migration

Les différences au chapitre des expériences vécues avant et pendant la migration peuvent accroître de manière disproportionnée la vulnérabilité des réfugiés aux problèmes de santé mentale et aux maladies mentales. Toutefois, les facteurs postmigratoires ont une influence indéniable tant sur la santé mentale des immigrants que sur celle des réfugiés.

Ces déterminants ou facteurs de risque affectent la santé mentale des enfants nés à l'étranger qui vivent au Canada (Beiser et coll., 2002). Les variations quant aux taux de troubles mentaux chez les enfants immigrants et réfugiés s'expliquent par les différences au chapitre de l'exposition à ces facteurs de risque, dont bon nombre sont des déterminants sociaux, tel que mentionné dans le module 1.

L'accueil réservé aux groupes d'immigrants dans un pays, le fait d'être considérés comme des résidents permanents et leur accès à l'éducation, à la formation et aux initiatives qui améliorent l'inclusion sociale (p. ex. les cours de langue et les services de réinstallation) favorisent leur santé mentale après la migration (CSMC, 2016).

Des recherches ont démontré que plusieurs facteurs exercent une influence sur la santé mentale des enfants et des familles qui viennent d'arriver au Canada :
(Hansson et coll., 2010; Shakya et coll., 2010)

Bien que les enfants immigrants et réfugiés soient extrêmement résilients – en raison de facteurs comme un degré de dysfonctionnement familial moindre et un nombre réduit de familles monoparentales – le revenu de la famille peut avoir un effet négatif (Pieloch et coll., 2016). Les enfants nés à l'étranger sont plus de deux fois plus susceptibles que les enfants nés au Canada de vivre dans la pauvreté. Un faible revenu peut exercer d'autres pressions comme des difficultés à se loger ou l'insécurité alimentaire. En outre, des facteurs comme la pauvreté peuvent aggraver les problèmes de développement, comme la faible estime de soi, l'inquiétude et la tristesse, qu'un grand nombre d'enfants éprouvent à ce stade de leur vie (Doi et coll., 2019; Anisef et Kilbride, 2008; Georgiades et coll., 2007).

L'exclusion, l'isolement social et la discrimination sont d'autres déterminants cruciaux du développement des enfants immigrants et réfugiés. En retour, ces déterminants influencent l'inclusion et la participation éventuelles à d'autres milieux sociaux, économiques et politiques dans le pays d'accueil (Oxman et Choi, 2014).

Tel qu'indiqué dans la prochaine section, des variables comme l'âge au moment de la migration, l'identité culturelle, le soutien familial et la discrimination ou l'exclusion perçue ont une incidence sur la santé mentale et le bien-être des enfants nouvellement arrivés au pays.