La torture peut avoir un effet majeur sur la santé physique et mentale. Des cas de violation des droits de la personne, de torture et d'autres formes de mauvais traitements ont été documentés dans au moins 141 pays (Amnistie Internationale, s.d.). La torture peut survenir en prison dans le pays d'origine ou à l'étranger, dans les sociétés aux prises avec la guerre, un conflit ou l'oppression d'État (Mpande et coll., 2013).
« tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s'étend pas à la douleur ou aux souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées par elles » (ONU, 1984).
Il existe un grand nombre de méthodes de torture, notamment les agressions physiques, les brûlures, les décharges électriques, la privation de sommeil, le viol, la mutilation, les simulacres de noyade et d'exécution, la privation sensorielle et l'observation forcée d'actes de torture infligés à des amis ou à des membres de la famille. Quelle que soit la méthode, la torture ébranle sérieusement la victime, sa famille et la communauté tout entière (ONU, 1998; Centre canadien pour victimes de torture [CCVT], s.d.).
La torture a pour but d'humilier la victime et d'exercer un pouvoir extrême sur elle afin qu'elle se sente impuissante, ce qui a pour effet de la déshumaniser. La victime éprouve un profond sentiment de culpabilité et perd sa dignité. De plus, ses capacités mentales et psychologiques sont détruites (Vorbrüggen et Baer, 2007).
Presque tous les membres de la société peuvent être victimes de torture : les personnes de toutes les classes sociales, de tous les groupes d'âge et de toutes les orientations sexuelles. Les immigrants et les réfugiés peuvent être des survivants de tortures. Toutefois, historiquement parlant, on compte davantage de survivants de tortures parmi les réfugiés et les demandeurs d'asile qu'au sein des autres groupes. On estime qu'en 2019, 30 % des réfugiés réinstallés au Canada étaient des survivants de tortures ou de violence (UNHCR, s.d.).
Pendant les audiences visant à déterminer le statut de réfugié, les demandeurs d'asile ayant été victimes de torture peuvent éprouver du stress, même lorsque la discussion ne porte pas sur les tortures qu'ils ont subies. C'est pourquoi la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) du Canada reconnaît dans son Guide concernant les victimes de torture que les tortures subies nuisent à la capacité du demandeur d'asile de témoigner et que des mesures particulières doivent être prises lorsqu'on lui pose des questions (CISR, 2004).
On estime que 20 % des réfugiés ont été victimes de torture ou ont un membre de la famille ou un ami qui en a été victime.