Il faut relever plusieurs défis pour fournir des services de counseling et de psychothérapie aux nouveaux arrivants. Les fournisseurs de soins de santé doivent comprendre les enjeux culturels complexes qui peuvent entrer en jeu et être prêts à adapter les plans de traitement ainsi qu’à utiliser les ressources culturelles afin que le traitement réponde aux besoins du client (Bhugra et coll., 2011; Tummala-Narra, 2016).
Il se peut que le nouvel arrivant ne connaisse pas le counseling ou la psychothérapie et, par conséquent, qu’il ne pense pas en avoir besoin ou qu’il ne croie pas qu’ils lui seront utiles. En général, il est plus acceptable pour le réfugié ou l’immigrant d’avoir recours à ces services si on lui demande s’il aimerait utiliser des services qui lui permettront de discuter de questions qui le préoccupent.
La façon dont on fournit et reçoit de l’information, notamment lors de la communication verbale et non verbale, et dont on exprime les émotions dépend en grande partie des antécédents culturels. Il y a des différences majeures entre les cultures à contexte non prépondérant et les cultures à contexte prépondérant quant au caractère explicite et au contexte des messages véhiculés (p. ex., gestes, langage corporel, messages verbaux et non verbaux). Ainsi, dans les cultures à contexte prépondérant (p. ex., Brésil, Espagne, Chine), on accorde généralement une plus grande importance au contexte sous-jacent, au ton et à la signification du message, alors que, dans les cultures à contexte non prépondérant (p. ex., Canada, États-Unis, RoyaumeUni), on utilise généralement un style de communication explicite afin d’éviter toute confusion.
Dans certaines cultures, la libre discussion des sentiments et des problèmes personnels va à l’encontre des normes traditionnelles. Les clients provenant d’une culture où l’on communique de façon indirecte peuvent être vexés par une personne qui leur pose des questions directement et décider que cette question ne mérite pas une réponse complète.
Les métaphores sont souvent basées sur la culture et peuvent avoir un sens différent pour des personnes ayant des antécédents différents.
Il se peut que les attentes du thérapeute diffèrent de celles du client en ce qui concerne les résultats possibles de la thérapie et le rôle de chacun lors de la thérapie. Il se peut également que les réfugiés et les demandeurs d’asile perçoivent les thérapeutes et les conseillers comme des symboles d’autorité qui peuvent les aider à rester au pays ou à recevoir une aide sociale ou une autre forme d’aide non médicale. Par conséquent, les thérapeutes et les conseillers doivent discuter des attentes réalistes quant aux résultats escomptés.
Le thérapeute et le client peuvent avoir des valeurs différentes, ce qui peut avoir une incidence sur tous les aspects de la thérapie. Par exemple, on attache généralement plus d’importance à la fierté dans la culture occidentale, alors qu’elle peut être considérée comme de l’égocentrisme et de l’arrogance dans d’autres cultures.
Dans un grand nombre de cultures, le sexe et la religion sont des sujets tabous. Dans ce cas, le thérapeute doit redoubler de prudence quand il aborde ces questions.
Si le client ne maîtrise pas le français ou l’anglais, il ne sera pas possible de lui fournir des services de thérapie ou de counseling dans ces langues. Des recherches laissent croire que les programmes offerts dans la langue maternelle des clients sont plus efficaces (Chowdhary et coll., 2014; Dossa et Hatem, 2012; Griner et Smith, 2006).
Un faible niveau de littératie peut avoir une incidence négative si la lecture et l’écriture sont un aspect important de la thérapie, comme c’est le cas pour la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). De plus, les documents d’initiative personnelle et les échelles d’évaluation pourraient alors être moins utiles (Bhugra et coll., 2011; Murray et coll., 2010).