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Interprètes qualifiés et interprètes ad hoc

En général, il y a deux catégories de personnes utilisées pour fournir des services d’interprétation :

Les interprètes qualifiés, qui ont suivi une formation et réussi un examen.

Les interprètes ad hoc, qui n’ont pas suivi de formation, n’ont pas réussi d’examen et se disent bilingues (comme les amis, les membres de la famille et les membres du personnel).

L’interprétation est un travail complexe qui nécessite une formation et des compétences précises. Il est donc préférable d’avoir recours à un interprète professionnel qualifié dans le milieu des soins en santé mentale. Ces interprètes doivent respecter des normes de pratique les obligeant à transmettre de façon exacte, fidèle et transparente les propos des parties. De plus, ils sont liés par un code de déontologie exigeant qu’ils demeurent neutres et protègent la vie privée et la confidentialité des parties. En général, pour assurer la sécurité du client et prodiguer des soins axés sur le client, il faut adopter une pratique exemplaire exigeant le recours à un interprète qualifié lors de discussions de nature médicale avec des clients qui ne maîtrisent pas le français ou l’anglais. Une autre pratique exemplaire consiste à utiliser un interprète qualifié lors de situations médicales à risque élevé comme des soins d’urgence, des cas où il faut obtenir le consentement éclairé du client, des soins chirurgicaux, le bilan comparatif des médicaments et la mise en congé (Betancourt et coll., 2012).

Il n’y a pas de façon unique de travailler avec des interprètes qualifiés dans contextes professionnels. La plupart des organismes ont recours à plusieurs modes d’interprétation (en personne, par téléphone ou par visioconférence) pour s’assurer que les clients peuvent s’exprimer dans la langue de leur choix et que la communication se fait pleinement dans les deux directions entre le client et le fournisseur de soins de santé.

L’accès à un interprète professionnel qualifié peut être limité au sein du système de santé en raison d’un manque de ressources financières, ce qui peut amener les fournisseurs à faire appel à des interprètes ad hoc. Les fournisseurs doivent être conscients des problèmes de qualité qui peuvent survenir lorsqu’ils font appel à un interprète ad hoc pour évaluer et traiter un client (Bauer et Alegria, 2010).

Si un interprète non professionnel ne comprend pas les concepts et la terminologie de la santé mentale, cela peut nuire à l’évaluation faite par le fournisseur. Dans une situation délicate, l’interprète peut empêcher ou, inversement, faciliter la communication de certains éléments de l’expérience vécue par le client.

Par exemple :

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En 2007, le Health Interpretation Network (HIN), qui représente divers organismes des secteurs public et privé, a publié le Guide des normes nationales destiné aux services d’interprétation (Healthcare Interpretation Network, 2007). Ce document décrit les compétences de base des interprètes et les principes de déontologie qu’ils doivent respecter.

Aucun interprète n’est parfait et des erreurs peuvent se produire. Les auteurs d’une étude (Nápoles et coll., 2015) ont calculé une moyenne de 27 erreurs par consultation. La plupart des erreurs pouvaient avoir des répercussions sur l’évaluation clinique. De plus, les erreurs commises par les interprètes ad hoc risquaient beaucoup plus d’avoir de telles répercussions que celles commises par les interprètes professionnels qualifiés.

Avantages et inconvénients des interprètes professionnels