Il y a un lien entre les difficultés économiques et les inégalités en matière de santé. En effet, le chômage et le faible revenu des ménages sont d'importants déterminants sociaux de la santé mentale (Alegria, NeMoyer, Falgas, Wang et Alvarez, 2018; Salami et coll., 2017). Les facteurs de risque pour les troubles mentaux courants (comme la dépression et l'anxiété) sont aussi étroitement liés aux inégalités sociales (OMS, 2014; Alegria, NeMoyer, Falgas, Wang et Alvarez, 2018).
Les sous-populations d'immigrants et de réfugiés qui arrivent au Canada affichent des différences considérables au chapitre des ressources financières et peuvent se retrouver dans des conditions financières très différentes une fois installées au pays. Les nouveaux immigrants sont un des groupes les plus susceptibles à la pauvreté. Bien entendu, il y a des différences au sein des groupes et entre ceux-ci (Picot et Lu, 2017). La catégorie dont un immigrant fait partie peut elle aussi influencer le revenu.
En général, les personnes qui présentent une demande dans le cadre de la composante économique ont des ressources financières à leur disposition lorsqu'elles arrivent au Canada. Il est souvent difficile d'obtenir un emploi au Canada, ce qui peut miner la sécurité financière de ces personnes et des personnes à leur charge. Les immigrants peuvent éprouver des difficultés financières en raison de leur incapacité de gagner un salaire qui correspond à leur niveau d'instruction et à leurs compétences. On discutera plus en détail de cette question dans la prochaine section.
Pour parrainer des membres de sa famille, le parrain doit prouver que son revenu est conforme aux revenus vitaux minimums ou au seuil de faible revenu (SFR) compte tenu de la taille de la famille. Ces critères ont été établis par Statistique Canada. Le parrain est exempt de cette exigence dans l'un ou l'autre des cas suivants :
Les réfugiés pris en charge par le gouvernement (RPG) peuvent recevoir des fonds du gouvernement du Canada pendant une période maximale d'un an, ou à l'occasion, jusqu'à ce qu'ils puissent subvenir à leurs besoins. Le montant reçu équivaut approximativement à celui accordé dans le cadre des programmes provinciaux d'aide sociale.
On s'attend à ce que les personnes qui parrainent un réfugié faisant partie de la catégorie des réfugiés parrainés par le secteur privé subviennent aux besoins financiers du réfugié pendant une période pouvant atteindre un an. Le montant devant être fourni est égal ou supérieur aux taux moyens d'aide sociale.
En général, les immigrants récents qui ont un emploi gagnent moins que les personnes nées au Canada. Les demandeurs principaux de la composante économique touchent les salaires les plus élevés (Statistique Canada, 2017l)
Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'être admises dans la catégorie Regroupement familial (IRCC, 2018)
En 2013, 54,1 % des résidentes permanentes ont été admises dans la composante économique (19,7 % en tant que demandeure principale et 34,4 % en tant qu'épouse ou personne à charge du demandeur principal) et 34,3 % l'ont été dans la catégorie Regroupement familial. (Hudon, 2016)
Une comparaison des catégories de réfugiés révèle que les RPG ont généralement le revenu le plus faible pendant les premières années et que les RPSP réussissent un peu mieux. Toutefois, cette différence disparaît après dix ans passés au pays. (Picot, Zhang, & Hou, 2019)
Pour tous les immigrants au Canada, les salaires augmentent au fil des ans, peu importe la catégorie d'admission. (Statistique Canada, 2017l)
Les immigrants des États-Unis ou de l'Europe touchent un revenu plus élevé que ceux de l'Asie de l'Est (Statistique Canada, 2017)
Les immigrants de l'Asie de l'Est et du Sud avaient un taux de faible revenu chronique environ quatre fois plus élevé que les immigrants du Nord-Ouest de l'Europe, des Philippines, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis. (Picot & Lu, 2017)
Les immigrantes ont généralement un revenu inférieur à celui des immigrants (Statistique Canada, 2017l)
Les immigrants de plus de 65 ans ont les taux les plus élevés de faible revenu chronique. (Picot & Lu, 2017)
Les salaires des enfants immigrants ne sont généralement pas comparables à ceux des enfants nés au Canada (Statistique Canada, 2017l) . De presque tous les groupes racialisés, les enfants d'immigrants ont des revenus inférieurs à ceux des enfants de parents nés au Canada, malgré le fait que les parents immigrants sont plus susceptibles d'avoir des diplômes d'études. Cet écart est particulièrement important pour les catégories racialisées constituées des enfants d'immigrants noirs, latino-américains, d'Asie occidentale, arabes et d'Asie du Sud-Est. (Kiziltan, 2016)
Les immigrants peuvent éprouver des difficultés financières en raison des défis qu'ils doivent relever pour gagner un salaire qui correspond à leur niveau d'instruction et à leurs compétences.
Au cours des 15 dernières années, un nombre accru d'immigrants ont choisi de s'installer dans les provinces des Prairies.
On s'attend à ce que les personnes qui parrainent un réfugié faisant partie de la catégorie des réfugiés parrainés par le secteur privé subviennent aux besoins financiers du réfugié pendant une période pouvant atteindre trois ans.
Les réfugiés pris en charge par le gouvernement (RPG) peuvent recevoir des fonds du gouvernement du Canada pendant une période maximale de six mois, ou à l'occasion, jusqu'à ce qu'ils puissent subvenir à leurs besoins.
Parmi les réfugiés réinstallés, la plupart des réfugiés parrainés par le secteur privé deviennent financièrement autonomes plus rapidement que les réfugiés pris en charge par le gouvernement.