La plupart des immigrants et des réfugiés s'installent dans les grands centres urbains du Canada; 60 % s'installent à Toronto, Vancouver et Montréal (Affiliation of Multicultural Societies and Services Agencies of BC [AMSSA], 2016). En raison de la hausse des prix dans ces villes, l'abordabilité demeure le plus gros obstacle au logement pour la plupart des immigrants et des réfugiés.
Au Canada, on considère qu'un ménage a un logement abordable s'il y consacre moins de 30 % de son revenu total.
31 % des immigrants récents vivaient dans un ménage qui consacrait plus de 30 % de son revenu total au logement.
Seuls 18 % de la population totale consacrait ce pourcentage au logement.
Les immigrants récents et les réfugiés sont moitié moins susceptibles que les non-immigrants d'accéder à la propriété.
Toutefois, les personnes provenant d'Europe et d'Asie sont jusqu'à deux fois plus susceptibles d'acheter une habitation que celles provenant d'Afrique ou d'Amérique centrale et du Sud. (AMSSA, 2016; Société canadienne d'hypothèques et de logement [SCHL], 2014)
Les réfugiés et les demandeurs d'asile courent le plus grand risque d'itinérance cachée, particulièrement dans les banlieues proches (AMSSA, 2016; Murdie et Logan, 2011).
On utilise l'expression « itinérance cachée » pour décrire les populations qui vivent temporairement avec d'autres personnes, dans une voiture ou un refuge, sans garantie d'une résidence durable ou sans possibilité immédiate d'obtenir un logement permanent. On estime que, pour chaque personne vivant dans la pauvreté absolue, trois personnes sont des itinérants cachés (Tabibi et Baker, 2017).
Selon une étude réalisée à Vancouver, près de nearly 60%des réfugiés ont déclaré qu'ils devaient rester avec des membres de la famille ou des amis, ou dans des lieux non résidentiels, parce que les prix étaient trop élevés sur le marché du logement officiel (Francis et Hiebert, 2014).
De plus, 50% des demandeurs d'asile vivant à Montréal ont déclaré qu'ils avaient déménagé au moins deux fois pendant les quatre années suivant leur arrivée au Canada, comparativement à environ 28 % des immigrants et à 23 % des réfugiés parrainés (Rose et Charette, 2011).
Les demandeurs d'asile sont particulièrement vulnérables en attendant que leur demande soit acceptée et qu'ils reçoivent la résidence permanente (Murdie et Logan, 2011).
Des recherches réalisées dans les plus grandes villes carrefours du Canada laissent croire que les nouveaux immigrants et réfugiés sont souvent défavorisés lorsqu'ils souhaitent louer ou acheter un logement. Le nombre de logements adéquats abordables peut être limité en raison des préjugés et de la discrimination dont ces personnes font l'objet, ce qui peut restreindre les endroits où elles peuvent vivre. En retour, cette situation peut créer et maintenir des quartiers ségrégués où les minorités racialisées et ethniques ont tendance à s'installer (Teixeria et Drolet, 2016).
Certains groupes faisant partie d'une minorité visible sont aussi plus sujets à la précarité de logement à leur arrivée au Canada (Murdie, 2010). Plus de 20 % des participants à une étude réalisée à Toronto, Vancouver et Montréal ont dit que la discrimination les empêchait d'obtenir un logement adéquat (Hiebert, 2011).
Un grand nombre de personnes s'installent dans des quartiers marginalisés offrant de mauvaises conditions de logement en raison du manque de logements abordables dans les quartiers où les immigrants récents et les réfugiés vivent généralement.
L'état de santé physique et mentale d'un grand nombre d'immigrants et de réfugiés se détériore après leur arrivée au Canada, ce qui peut limiter les possibilités de logement.
Certains groupes d'immigrants et de réfugiés ne bénéficiant pas d'un soutien social adéquat courent un risque d'itinérance. Les personnes ayant accès à un vaste réseau de soutien peuvent partager un logement, ce qui se traduit par une itinérance cachée.