L’épuisement professionnel est reconnu comme un risque professionnel dans diverses professions axées sur la personne comme les services à la personne, l’éducation et les soins de santé (Maslach et Leiter, 2016). L’épuisement professionnel est une réaction prolongée à des stresseurs émotionnels et interpersonnels chroniques présents au travail. Il comporte trois volets : l’épuisement, le cynisme et une impression de ne pas travailler de façon efficace en raison de la présence de stress au travail (Maslach, 2003). Ce modèle à trois volets est important, car il met le stress dans un contexte social et repose sur le concept de soi et d’autrui de la personne (Maslach et Leiter, 2016).
L’épuisement professionnel diffère de la dépression, car il est lié au travail et non aux autres aspects de la vie de la personne qui en souffre. Par exemple, il se peut qu’une personne souffrant d’épuisement professionnel aime toujours passer du temps avec sa famille ou se livrer à des activités qui n’ont rien à voir avec le travail la fin de semaine (Pross, 2006).
Une personne qui éprouve un stress intense au travail pendant longtemps peut souffrir d’épuisement professionnel. Les stresseurs associés à de mauvaises conditions psychosociales au travail peuvent accroître considérablement le risque de problèmes de santé mentale et de maladies mentales (Memish et coll., 2017). Selon une étude réalisée récemment au Canada, le stress au travail est cyclique. De plus, il s’agit d’un des principaux facteurs causant ou aggravant des problèmes de santé mentale et des maladies mentales chez les adultes (Howatt et coll., 2018). Lorsque les employés ne se sentent pas soutenus au travail et ont l’impression que l’on ne reconnaît pas les efforts qu’ils déploient, cela crée un écart entre les attentes et la réalité qui peut aggraver la frustration et le stress.
La plupart des organismes d’établissement du Canada doivent s’occuper d’un nombre croissant de cas malgré des ressources moindres. Ils doivent donc gérer leur charge de travail tout en répondant aux besoins de plus en plus complexes de leurs clients. On a constaté que le niveau d’épuisement professionnel était particulièrement élevé chez les fournisseurs de soins de santé (Maslach, 2003). Il pourrait être tout aussi élevé, sinon plus, chez les agents d’établissement, qui sont souvent exposés aux détails des traumatismes vécus par leurs clients et doivent de plus en plus gérer un nombre élevé de cas malgré des ressources moindres.