Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble qui peut se manifester lorsqu’une personne a vécu un événement traumatisant ou en a été témoin (APA, 2017b). Les personnes ayant vécu ce genre d’expériences ne souffrent pas toutes du TSPT. En fait, la plupart d’entre elles se remettent des traumatismes vécus.
Il y a un degré de subjectivité quant au traumatisme vécu, car un événement peut être traumatisant pour une personne et ne pas l’être pour une autre. La perception du caractère stressant d’un événement traumatisant est un déterminant important des résultats obtenus sur le plan psychologique par les personnes y ayant survécu.
Fait de revivre l’événement ou les événements traumatisants sous forme de flash-back, de cauchemars ou de souvenirs envahissants.
Évitement constant des stimulus associés à l’événement ou aux événements traumatisants.
Symptômes d’hyperexcitation autonome comme l’irritabilité et réaction de sursaut accentuée.
Altération de l’humeur ou de la cognition.
Les traumatismes associés à la migration sont probablement une expérience courante tant pour les réfugiés que pour un grand nombre d’autres populations d’immigrants (Perreira et Ornelas, 2013).
Prémigration : Pauvreté, déplacements antérieurs, séparation du parent et de son enfant
Migration : Âge au moment de la migration, présence de la famille, entrée dans un pays sans autorisation
Postmigration : Soutien de la famille, soutien social, sécurité du voisinage, discrimination et acculturation
Le risque de TSPT le plus élevé chez les réfugiés est associé aux expériences vécues au Canada, après la migration. Les principales différences au chapitre des taux de TSPT au sein de cette population s’expliquent surtout par un soutien inadéquat et des stresseurs persistants après le ou les traumatismes. Les réfugiés ayant été victimes de torture ou de violence grave ont généralement des taux plus élevés de troubles liés aux traumatismes (Porter et Haslam, 2005; Hansson et coll., 2010; Kirmayer et coll., 2011a; Close et coll., 2016).
Il est important de préciser que les réfugiés et les immigrants ayant vécu des événements potentiellement traumatisants ne souffriront pas tous du TSPT (Perreira et Ornelas, 2013). Dans la plupart des cas, environ 80 % de ces personnes se rétablissent naturellement dans les mois et les années suivant le traumatisme (Rousseau et coll., 2011). Un grand nombre de personnes ayant vécu un événement traumatisant éprouveront une détresse normale qui est proportionnelle à cet événement et ne souffriront pas de troubles mentaux (Rousseau et coll., 2011).
C'est intéressant : quand on examine les taux de TSPT dans les populations de réfugiés, vous constaterez que dans les publications les taux varient beaucoup, passant de chiffres très bas à des chiffres très élevés, ce qui nous indique qu'il y a probablement un problème avec la méthodologie employée. On peut certainement voir pourquoi quand on observe ces études de plus près. Certaines utilisent des questionnaires, d'autres se basent sur des entretiens, d'autres sont transversales, et d'autres suivent des individus sur une longue période. Je pense pour ma part que le message le plus important est que, bien que la grande majorité des personnes que nous voyons à notre clinique soit des réfugiés qui ont souffert des traumatismes considérables, ils ne sont pas tous anéantis par ces traumatismes. Nous voyons un certain nombre de personnes qui ont vécu des choses qui seraient atroces pour beaucoup d'entre nous mais je trouve que c'est très inspirant de voir combien de personnes arrivent ici avec un véritable désir de reconstruire leur vie. Ils ne souffrent pas de ces symptoms qui définissent certaines pathologies comme le trouble de stress post-traumatique ou la dépression. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas été affecté par leurs traumatismes. Leur manière de voir le monde, leur manière de voir une relation peuvent être affectées par ce qu'ils ont vécu, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'ils soient abattus par cela. Il y avait une étude très intéressante dans la revue médicale « Journal of the American Medical Association » qui est sortie à la fin des années 90, après ce qui c'était passé au Rwanda et bien qu'on puisse observer et analyser la méthodologie, je pense que ce qu'il y a de plus instructif est qu'ils avaient trouvé des taux de TSPT qui s'élevaient à 25% ce qui est incroyablement élevé dans une cohorte démographique mais compte tenu de ce que les personnes ont enduré dans un pays comme le Rwanda, où, vous savez, c'est vraiment, d'une certaine façon, un témoignage des pires choses que des êtres humains peuvent faire à d'autres êtres humains, 75% d'entre eux ne présentaient pas de TSPT. Je pense que c'est un message vraiment important pour ceux qui travaillent avec ces populations de reconnaître que, même si tout le monde a pu être affecté par un traumatisme, tout le monde n'en sera pas anéanti pour autant. Et la grande majorité des individus l'aura même assimilé et sera capable d'aller de l'avant.