Plusieurs troubles, dont la schizophrénie, sont classés dans la catégorie « schizophrénie et troubles psychotiques ». Quant à lui, le trouble bipolaire fait partie de la catégorie « trouble bipolaire et troubles connexes » (APA, 2013b). On décrit parfois les symptômes psychotiques comme le fait pour une personne de perdre contact avec la réalité. Par exemple, pour certains de ces symptômes comme les hallucinations et les idées délirantes, la personne peut voir, entendre, sentir ou goûter des choses qui ne sont pas là ou avoir des croyances erronées bien ancrées qui ne correspondent pas à celles de sa culture.
Croyances erronées ou qui ne sont pas basées sur la réalité
Sensations qui semblent réelles, mais qui sont créées par l’esprit
Propos incohérents et illogiques, ou fait de fournir des réponses qui n’ont rien à voir avec les questions posées
Comportements aberrants ou catatoniquesÉtat semblable à la perte de conscience, rigidité du corps, flexibilité cireuse, absence de réactions verbales
Expression réduite des émotions, baisse de motivation et de la parole, capacité réduite d’éprouver du plaisir ou baisse d’intérêt à l’égard des interactions sociales.
Les taux de psychose parmi les immigrants de première génération sont semblables à ceux de la population générale (Anderson et coll., 2015). Toutefois, il y a des différences entre les groupes d’immigrants.
Les taux de troubles psychotiques des réfugiés sont plus élevés que ceux des immigrants, quel que soit leur pays d’origine, sauf pour ce qui est des réfugiés et des immigrants non réfugiés provenant de l’Afrique subsaharienne, dont les taux élevés sont semblables à ceux des immigrants (Hollander et coll., 2016).
Les épisodes psychotiques de courte durée, le trouble bipolaire, le trouble dépressif caractérisé (TDC) avec des caractéristiques psychotiques et les troubles liés à l’usage d’une substance peuvent être interprétés, à tort, comme révélant une schizophrénie.
Parfois, on confond les flash-back, la torpeur et le détachement, qui sont des caractéristiques du TSPT, avec les symptômes psychotiques. Quand il s’agit du TSPT, cette perception erronée est liée précisément au traumatisme ou au contexte dans lequel il se produit.
Propos incohérents et illogiques, ou fait de fournir des réponses qui n’ont rien à voir avec les questions posées
Il faut tenir compte des facteurs liés au contexte lorsqu’on évalue les symptômes tels que la méfiance à l’égard de la police ou des autorités.
Certains comportements qui semblent étranges ou incongrus peuvent être le résultat de malentendus culturels. Par exemple, il peut être normal dans certaines cultures d’entendre la voix des ancêtres.
Il est difficile de faire la distinction entre les troubles psychotiques et d’autres troubles mentaux parmi les populations d’immigrants et de réfugiés. Par exemple, le TSPT et les troubles de l’adaptation peuvent être diagnostiqués, à tort, comme un trouble psychotique (Anderson et coll., 2015).
Points à considérer lors des évaluations interculturelles Les évaluations des immigrants et des réfugiés en ce qui a trait aux catégories psychiatriques comme le TSPT ou la psychose peuvent se manifester de différentes façons. Personnellement, j’utilise seulement l’évaluation clinique pour diagnostiquer un état psychiatrique. Il est assez compliqué de trouver des outils d’évaluation et des tests standardisés qui soient adaptés à cette population, qui soient faciles à traduire et à remplir par nos clients nouveaux arrivants. Les évaluations cliniques nous donnent la possibilité de connaître la personne en profondeur ainsi que, si possible, d’avoir l'opportunité d’obtenir d’autres renseignements par des membres de la famille et, si le patient est d’accord bien sûr, par un agent d’établissement ou par n’importe quelle autre personne qui appartient à leur communauté et lui apporte son aide. En ce qui a trait au TSPT, une étude clinique du comportement quotidien ainsi qu’un dépistage des symptômes nous donne les informations dont nous avons besoin pour faire un diagnostic. En revanche, en terme de psychose, nous devons faire un peu plus de recherche quant à la signification de divers symptômes liés à la culture. Par exemple, des personnes pourraient avoir des manières différentes d’exprimer des idées psychotiques dans différentes cultures et il est aussi important de s’assurer que des choses comme des croyances spirituelles, traditionnelles ou culturelles ne soient pas mal interprétées comme étant psychotiques. En particulier chez les jeunes individus ayant leur premier épisode psychotique, j’enverrais également le patient en consultation afin de m’assurer que rien n’ait été omis en le référant à une clinique de premier épisode psychotique.