Outre les déterminants sociaux courants chez les immigrants et les réfugiés en général, divers obstacles ont une incidence sur l’accès des femmes aux soins et à l’aide dont elles ont besoin lorsqu’elles vivent une dépression postpartum ou sont victimes de violence sexuelle. La plupart des réfugiées ayant survécu à des actes de violence sexuelle ne reçoivent pas l’aide dont elles ont besoin (Yohani et Hagen, 2010). Les traumatismes psychologiques, combinés à des facteurs socioculturels, à une connaissance limitée des services offerts et aux difficultés linguistiques, empêchent les femmes de demander de l’aide.
De nombreuses immigrantes et réfugiées enceintes ne demandent pas d’aide parce qu’elles ne reconnaissent pas les symptômes de la dépression.
Nombre d’immigrantes et de réfugiées disent ne pas connaître les symptômes de la dépression prénatale ou postpartum ou ne pas savoir les reconnaître (O’Mahony et coll., 2012; Wittkowksi et coll., 2017). De plus, il se peut que les fournisseurs de services ne reconnaissent pas les symptômes dépressifs ou minimisent les préoccupations des immigrantes et des réfugiées à ce sujet, ce qui empêche ces dernières de demander ou de recevoir les soins dont elles ont besoin (O’Mahony et coll., 2012).
Les normes culturelles ont une incidence sur la façon dont les survivantes et leur communauté perçoivent la violence sexuelle et y réagissent. Dans de nombreuses sociétés, y compris la société nord-américaine, les femmes qui ont été victimes d’une agression sexuelle sont souvent stigmatisées par leur communauté et considérées comme ne pouvant pas se marier ou avoir des enfants (Ahmad et coll., 2009; Yohani et Hagen, 2010). Certaines peuvent même être rejetées par leur famille ou considérées comme ayant causé de la souffrance ou manqué de respect à la famille. De même, dans les cultures où on ne discute pas ouvertement de la sexualité, la divulgation d’un acte de violence sexuelle est taboue. Un grand nombre de survivantes hésitent à admettre qu’elles ont été victimes de violence sexuelle, car elles craignent d’être rejetées, isolées ou humiliées.
Les immigrantes sont plus susceptibles que les Canadiennes non immigrantes d’accepter les normes patriarcales relatives aux sexes et de considérer que leur mari a plus de pouvoir qu’elles et que ses droits l’emportent sur les leurs (Alvi et coll., 2012). Ces femmes peuvent être moins susceptibles de signaler les actes de violence dont elles font l’objet ou de demander de l’aide pour régler leurs problèmes (Alvi et coll., 2012). Elles préfèrent se taire pour se protéger et ont de la difficulté à sortir de leur mutisme, même pour demander de l’aide. Précisons qu’un grand nombre de Canadiennes victimes de violence familiale vivent elles aussi dans le silence et ont des cicatrices physiques et psychologiques.
Comme nous en avons parlé au module 1, les barrières linguistiques peuvent être un autre obstacle majeur à l’accès aux services. Les programmes qui permettent aux femmes de surmonter ces obstacles les aident considérablement à accéder aux services sociaux et de santé, à faire valoir leurs droits et à mettre fin aux relations de violence.
Le ministère de la Justice du Canada a publié la brochure intitulée La maltraitance est inacceptable peu importe la langue pour les familles d’immigrants et de réfugiés aux prises avec la violence sous quelque forme que ce soit.
Pour plus de renseignements sur les effets de la violence envers les immigrantes et les réfugiées et l’aide que vous pouvez leur fournir, consultez les cours d’apprentissage autonome en ligne [en anglais] offerts par l’Ontario Council of Agencies Serving Immigrants (OCASI).