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5.2.2

Effets de la torture

En raison des traumatismes extrêmes qu'ils ont vécus, les survivants de tortures peuvent être aux prises avec des séquelles physiques, émotionnelles et psychologiques à court et à long terme.

Les effets psychologiques et affectifs de la torture sont considérés comme les plus dévastateurs et les plus difficiles à contrecarrer (ONU, 1998). Les survivants de tortures courent un risque élevé de dépression, d'anxiété et de TSPT, qui peuvent se manifester sous forme de souvenirs envahissants récurrents, de difficultés à dormir et à se concentrer, de trous de mémoire, de peur, de colère, de tristesse et de troubles psychosomatiques (de C Williams et van der Merwe, 2013; Kienzler et Sapkota, 2019; CCVT, 2015). Des crises de panique et l'usage de substances sont aussi des sources de préoccupation. Des recherches indiquent que la torture est le meilleur prédicteur du TSPT avant la migration (Wilson et coll., 2010).

Les effets de la torture sur la santé physique peuvent comprendre les suivants :
(Rasmussen, 1990; Weiss et coll., 2016)

Il se peut que les survivants de tortures aient l'impression que leur famille ne les comprend pas et se sentent donc émotionnellement isolés. Parallèlement, les amis et les membres de la famille du survivant peuvent se sentir coupables de ne pas avoir réussi à protéger cette personne, mais sans le montrer (Hassan et coll., 2016).

Les effets psychologiques que ressentent les survivants de tortures peuvent causer la désintégration de la famille et des relations personnelles (Berdichevsky, s.d.; Forum of Australian Services for Survivors of Torture and Trauma [FASSTT], s.d.). Chez les personnes ayant fui leur pays, la séparation familiale, les barrières linguistiques, leur statut juridique et l'isolement social peuvent alors devenir des facteurs de stress après la migration (Chu et coll., 2013). Les effets négatifs de la torture peuvent faire en sorte que les survivants hésitent à demander l'aide dont ils ont besoin. De plus, les survivants et leur famille peuvent avoir du mal à faire confiance aux gens et se méfier des étrangers (Berdichevsky, s.d.).

Lorsqu'ils finissent par demander de l'aide, un grand nombre de survivants de tortures hésitent à parler des expériences qu'ils ont vécues. Dans bien des cas, les survivants de traumatismes, quels qu'ils soient, évitent les situations et les questions qui pourraient susciter des souvenirs douloureux pouvant les troubler ou les bouleverser. Face aux déclencheurs de tels souvenirs, certaines personnes ont une réaction émotionnelle aussi intense que celle provoquée par le traumatisme qu'elles ont vécu.

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Impact de la COVID-19

La pandémie de COVID-19 a entraîné une hausse de la torture et des mauvais traitements dans certains pays en raison du pouvoir excessif de faire appliquer un couvre-feu et les règles de distanciation sociale, particulièrement dans les centres de détention (ONU, 2020). De plus, les survivants de tortures risquent davantage de contracter le virus mortel en raison de leur situation vulnérable et de leurs conditions de vie, qui ont fait en sorte qu'un grand nombre d'entre eux sont morts de la COVID-19 (ONU, 2020). Parmi les autres impacts de la pandémie de COVID-19, citons le manque d'accès à des soins et à des soutiens psychologiques et sociaux, ainsi que le retard accusé dans le traitement des demandes d'asile (Pérez-Sales, 2020).