La promotion de l’égalitarisme et le partage du pouvoir
La compréhension de la situation sociale personnelle et de son effet sur les relations et les comportements
La remise en question des relations sociales existantes
La participation aux pratiques qui minimisent le déséquilibre des forces et favorisent l’équité et l’habilitation pour les utilisateurs des services
Les fournisseurs de services doivent savoir utiliser ce cadre pour offrir des services aux populations d’immigrants et de réfugiés et soutenir leur santé mentale (Corneau et Stergiopoulos, 2012). Le cadre antioppression de Sakamoto (2007), ci-dessous, est particulièrement utile pour le travail auprès des immigrants et des réfugiés. Il énonce six différences entre la prestation des services traditionnelle et les approches antioppression.
Selon l’approche traditionnelle en matière d’établissement, les clients sont perçus comme les « autres », c’està-dire des personnes différentes pouvant avoir vécu des traumatismes (Sakamoto, 2007). Le cadre antioppression, quant à lui, remet en question les hypothèses négatives au sujet des immigrants et des réfugiés et la perception selon laquelle le fait d’être différent est une caractéristique négative au lieu de mettre l’accent surtout sur les barrières, les défis, les risques et les vulnérabilités de ces populations (Clarke et Wan, 2011). Les clients sont plutôt considérés comme des personnes qui peuvent exercer un contrôle sur leur vie et utiliser leurs forces pour transformer la société (Clarke et Wan, 2011). Par conséquent, le cadre antioppression met au défi les fournisseurs de soins de santé de jeter un regard critique sur les objectifs d’assimilation des clients. Pour ce faire, ils doivent rencontrer leurs clients régulièrement et discuter ouvertement avec eux, ce qui permet à ces derniers de repérer les services répondant le mieux à leurs besoins (Clarke et Wan, 2011).
Toujours selon l’approche traditionnelle en matière de prestation de services, pour développer leur compétence culturelle, les fournisseurs de soins de santé de la culture dominante doivent se renseigner sur la culture des populations marginalisées (Sakamoto, 2007). Bien qu’un nombre croissant de fournisseurs de services de première ligne fassent partie d’un groupe ethnoculturel, on continue de parler de la compétence culturelle et un grand nombre d’organismes ont toujours besoin de dispenser une formation sur la diversité (Clarke et Wan, 2011). Le cadre antioppression remet en question cette tradition en encourageant les fournisseurs de soins de santé à examiner de plus près les divers volets de l’identité de leurs clients (p. ex., classe, race, orientation sexuelle, âge, handicap, genre, etc.) et les multiples sources d’oppression ou de marginalisation (Sakamoto, 2007).
De plus, une approche traditionnelle en matière de prestation de services attribue au fournisseur de soins de santé le rôle « d’expert », alors que le cadre antioppression insiste sur l’importance pour ces fournisseurs d’examiner continuellement leur propre identité subjective et le pouvoir qu’ils exercent (Clarke et Wan, 2011). Les fournisseurs de soins de santé doivent apprendre à se connaître et examiner leurs comportements afin de comprendre le rôle qu’ils jouent au sein du système d’oppression ou de privilège et de prendre conscience de l’effet de leurs valeurs, de leurs antécédents, de leurs sentiments et de leurs pensées profondes sur leurs interactions avec les personnes provenant d’autres cultures (Corneau et Stergiopoulos, 2012).
Enfin, un cadre antioppression reconnaît que les besoins en matière de santé mentale des immigrants et des réfugiés sont ancrés dans des systèmes oppressifs plus vastes. Au lieu de se concentrer uniquement sur les besoins immédiats des immigrants et des réfugiés, les fournisseurs de soins de santé doivent également défendre les intérêts de ces personnes et miser sur l’action sociale pour apporter des changements aux systèmes (Clarke et Wan, 2011).