Francophones hors Québec et anglophones au Québec forment les deux communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) au Canada. Ensemble, les deux CLOSM représentent plus de 2 millions de personnes (Alimezelli et coll. 2015).
Contrairement au million d'anglophones minoritaires qui vivent dans la province de Québec, la population francophone minoritaire est plus âgée, a des niveaux d'alphabétisation et d'éducation inférieurs à ceux de l'ensemble de la population canadienne et, de plus, est dispersée partout au Canada, dans les neuf provinces restantes et trois territoires. Ce niveau élevé et inégal de dispersion pour une population relativement petite, par rapport à la taille du pays, pose un défi important puisque les francophones hors Québec ne représentent qu'un petit nombre plus de 4 % de la population canadienne totale (Alimezelli et coll.2015).
Selon l'analyse des données de l'enquête de Statistique Canada auprès de 8 000 adultes âgés de la CLOSM francophone, cette répartition inégale des francophones en situation minoritaire a eu un impact négatif sur leur accès aux services de santé et sur leur santé (Alimezelli et coll. 2015).
En 2016, 58 580 travailleurs de la santé à l’extérieur du Québec ont déclaré utiliser le français au travail, ce qui représente 5,2 % de tous les travailleurs de la santé. Depuis 2001, leur nombre a augmenté de 47,6 % (+18 880 travailleurs) alors que leur proportion est restée relativement stable (Statistique Canada 2021).
En Ontario, seuls 33% des francophones affirment avoir parlé français avec leur médecin de famille. Au Manitoba, cette proportion était de 16% et en Alberta de 3%. Au total, ce sont plusieurs centaines de milliers de francophones qui n’ont toujours pas accès à des services de santé adéquats en français. Dans les provinces orientales, les communautés francophones ont tendance à être située dans les zones périphériques et régions éloignées, tandis que les soins de santé les fournisseurs sont fortement concentrés dans grands centres urbains. Et même dans les provinces où les communautés francophones sont plus susceptibles d'être situées dans les centres urbains, les locuteurs francophones ne vivent pas nécessairement dans villes où les praticiens francophones sont fortement concentrés (Moissac et coll. 2015) .