La prise de conscience du racisme au sein de la société est un cheminement qui peut susciter des émotions difficiles. Il faut reconnaître ces émotions et composer avec elles. Ce cheminement requiert un engagement de tout instant. Par exemple, la culpabilité est l’expression de plusieurs sentiments. Lorsqu’on constate que les injustices sociales persistent, cela peut susciter de la douleur, du désespoir, de la confusion, de l’incertitude et un accablement (Unitarian Universalist Association, s.d.).
Nous devons composer avec ces sentiments afin de former des alliances et d’agir de façon solidaire. Si on met l’accent sur la culpabilité plutôt que sur les injustices liées au racisme, des problèmes peuvent survenir. Par exemple, lorsqu’on discute du racisme, il faut créer un lieu sûr propice à une conversation constructive en tenant compte des réactions qui peuvent faire mal.
Témoignent d’une attitude défensive ou argumentative
Clament l’innocence ou la non-responsabilité
Suscitent de l’inconfort ou de l’insécurité lors des discussions sur le racisme
Le fardeau de ces conversations est souvent porté par les communautés racialisées. Lorsqu’on apprend à composer avec ces sentiments, il ne faut pas épuiser, traumatiser ou blesser davantage les personnes racialisées.
En raison des divers degrés de privilège dont elles jouissent, les personnes blanches n’ont pas à poser de regard critique sur les construits de la race et du racisme. Par conséquent, lorsque les questions raciales suscitent un inconfort, elles réagissent généralement en rejetant la faute sur la personne ou l’événement à l’origine de cet inconfort (habituellement une personne de couleur).
Le blâme et l’autodéfense suscitent une série de réactions à l’endroit de la source perçue de l’inconfort, y compris la pénalisation, les représailles, l’isolement et le refus de maintenir l’interaction. Par conséquent, l’insistance dont font preuve les personnes blanches à l’endroit de l’inconfort suscité par les questions raciales est une stratégie de préservation qui leur permet de ne pas confronter le racisme et qui le perpétue en maintenant le sentiment de confort.
Lors des conversations sur la race et le racisme, le sentiment de confort peut être associé à un sentiment de sécurité de sorte que toute expérience qui suscite un inconfort génère une insécurité. Cela a pour effet de nier l’histoire et la réalité des personnes racialisées qui cherchent à se tailler une place dans la société et soulève des questions sur ce que signifie la sécurité selon une position de privilège (DiAngelo, 2011).
L’inconfort moral (ou la culpabilité) que nous ressentons peut nous amener à nous rendre compte que nous devons faire face à la réalité du racisme et apporter des changements dans notre vie personnelle et professionnelle. Pour mettre fin à cet inconfort, vous pouvez reconnaître que les personnes blanches tirent des avantages d’un système raciste qui opprime les personnes de couleur. Vous pouvez également vous renseigner sur la façon d’adopter une attitude antiraciste qui se traduira par des mesures concrètes (Unitarian Universalist Association, s.d.).
Reconnaissez vos privilèges et votre pouvoir et parlez-en ouvertement.
Écoutez davantage et parlez moins.
Faites votre travail avec intégrité et en communiquant de façon directe.
Ne comptez pas sur les autres pour vous sensibiliser aux enjeux.
Apprenez à accepter la critique, soyez honnête, assumez la responsabilité de vos erreurs et rendez-vous compte que, lorsqu’une personne souligne une erreur que vous avez commise, elle vous vient en aide.
Acceptez les émotions que vous ressentez en tant qu’allié(e).
Reconnaissez que vos besoins sont secondaires aux yeux des personnes avec lesquelles vous voulez travailler.
Ne vous attendez pas à être récompensé(e) ou reconnu(e) parce que vous vous attaquez à des enjeux avec lesquels certaines personnes doivent composer tous les jours.
Dans son livre intitulé How to Be an Antiracist, Ibram X. Kendi (2019) écrit :
« C’est une déclaration de neutralité : ‘Je ne suis pas raciste, mais je ne m’engage pas à fond contre le racisme.’ Or, il n’y a pas de place pour la neutralité dans la lutte contre le racisme. L’opposé de ‘raciste’ n’est pas ‘non-raciste’, c’est ‘antiraciste’. Quelle est la différence? Une personne raciste accepte l’idée d’une hiérarchie raciale. Une personne antiraciste croit en l’égalité des races. Une personne raciste croit que les problèmes sont causés par un groupe de personnes. Une personne antiraciste attribue la cause des problèmes au pouvoir exercé et aux politiques en place. »